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| Jeunes garçons agressifs. Que sont-ils devenus 15 ans plus tard? | |
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Une étude portant sur une période de 15 ans, et dont les résultats sont publiés aujourd’hui dans le British Journal of Psychiatry, démontre que l’intervention précoce auprès des jeunes garçons aux comportements perturbateurs et agressifs peut améliorer leur succès scolaire et réduire le développement de la criminalité à l’âge adulte. C’est Rachel Boisjoli, du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant de l’UdeM (GRIP), qui est la chercheuse principale de cette étude de type longitudinale. L’Étude Longitudinale et Expérimentale de Montréal (ÉLEM), réalisée entre 1985-1988 à partir d’un échantillon de 895 garçons âgés entre 7 et 8 ans, a été l’objet, en 2003, d’une analyse de ses effets à long terme, soit plus de 15 ans après l’intervention. Il s’agissait d’évaluer l’impact à long terme et la portée clinique d’une
intervention préventive d’une durée de 2 ans sur la conduite criminelle et le rendement scolaire. ÉLEM a examiné le développement d’un grand échantillon de garçons fréquentant les classes de maternelle des quartiers défavorisés, en relation avec des comportements antisociaux et l’adaptation sociale. L’intervention auprès des jeunes garçons impliquait trois volets majeurs: la formation aux habiletés sociales pour l’enfant, la formation des parents à des pratiques parentales efficaces et le matériel d’information et support aux professeurs en relation avec les garçons perturbateurs.
En tout, 250 garçons perturbateurs-agressifs (sur un échantillon de 895 au total) ont été considérés à haut risque de développer des conduites criminelles et de faibles performances scolaires dans le futur. Ces 250 garçons ont été répartis au hasard en deux groupes: l’un recevant l’intervention et l’autre n’en recevant aucune (groupe contrôle). Le programme d’intervention a débuté quand les garçons avaient 7 ans et s’est étendu sur 2 années, de 1985 à 1987. Les mesures de résultats choisie
s ont été l’obtention du diplôme secondaire et la détention d’un dossier criminel avant l’âge de 24 ans. Les résultats montrent que près de deux fois plus de garçons ayant bénéficié du programme de prévention ont obtenu leur diplôme d’études secondaires que ceux du groupe contrôle. De même, leur risque d’avoir un dossier criminel était de 2 fois inférieur à celui du groupe contrôle. «Cette étude démontre l’importance d’une intervention auprès des enfants à risque et ce alors qu’ils sont encore très jeunes. L’étude nous laisse aussi croire qu’il serait bénéfique que l’intervention dure plus de deux ans. L’idéal serait une intervention plus précoce, soit dès la maternelle», soutient Rachel Boisjoli. Bien que ces résultats soient très encourageants, les chercheurs tiennent à souligner que le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires n’atteignait que 46% dans le groupe ayant bénéficié de l’intervention tandis que le taux de ceux possédant un dossier criminel s’élevait tout de même à 22%.
«Lorsqu’on considère les coûts à long terme pour une société des faibles taux de diplomation et des conduites criminelles, on ne peut que préférer l’intervention préventive, même si ici l’évaluation formelle de sa rentabilité n’a pas encore été faite» conclut la professeure Boisjoli. Webedition : Frédérique Binet Lambert |
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