Simon Dor A.K.A. Katana
2008-03-14
 
Titre Simon Dor
Simon DorUne réflexion sur le choix de carrière : choisir son « plate »
C’est très tôt qu’on doit choisir un programme d’études, et donc choisir ce qui nous intéresse plus précisément et ce qui pourrait jouer un rôle important pour notre avenir. En fait, on peut choisir quelque chose rapidement, ou on peut choisir de ne pas choisir. Mais, on choisit toujours quelque chose. Je dirais que j’ai été chanceux de tomber assez rapidement sur ce que je veux faire, mais je crois bien que mon expérience peut servir pour aider quelqu’un qui doit prendre une décision rapidement. Au cégep, j’ai fait une session en Sciences de la nature, pour ensuite abandonner et passer à Arts et lettres (profil : cinéma). J’étudie le cinéma depuis le temps. Mais, je n’ai pas nécessairement accroché à tout ce que j’ai étudié.

L’idée que je veux développer ici est que, dans la vie, il y a des choses qui sont « plates » (le mot n’existe pas dans le dictionnaire, mais je vais quand même l’employer ici, parce qu’il n’y a pas de mots qui veut dire précisément la même chose…), mais que, peu importe ce qu’on fait dans la vie, il y a toujours du plate. Il s’agit de bien le choisir et de savoir le rendre agréable. Je propose ici trois étapes pour fixer ses priorités dans la vie.

1)Savoir ce qu’on ne veut absolument pas
Il y a des limites à ce qu’on veut faire dans la vie. Je savais par exemple que je ne voulais pas d’un emploi qui ne me permettrait pas de réfléchir. D’autres, par exemple, ne voudront pas d’un emploi de bureau, ou ne voudront pas travailler avec le public. Chacun a sa limite à ne pas dépasser, et c’est important de savoir bien la placer.

2)Savoir ce qu’on veut
C’est probablement une des étapes les plus simon dor 1difficiles. En fait, je crois qu’on peut avoir une idée assez floue. Personnellement, je voulais aimer ce que je faisais, être heureux lorsque je fais mon travail. D’autres voudront avoir un emploi où ils peuvent avoir un horaire flexible, avoir beaucoup de temps libres, être bien payés (pour se payer plus de choses dans les moments où ils ne travaillent pas). Ce point devient central : il demande qu’on sache ce qui nous rend heureux dans la vie. Avoir du temps pour soi? Côtoyer des gens? Pouvoir se permettre du luxe hors de notre travail? Toutes des questions qui sont parfois directement liées à l’emploi, mais parfois qui en sont très loin. Préfère-t-on gagner de l’argent pour mieux faire vivre sa famille ou aimer ce qu’on fait en limitant ses dépenses? Tout ça reste une question de choix personnel.

3)Savoir ce qu’on est prêts à endurer, à assumer, finalement, choisir son « plate »
Il s’agit de voir quelles sont les difficultés auxquelles on doit faire face. Par exemple, quelqu’un qui veut nécessairement un emploi avec un horaire flexible, doit peut-être assumer de ne pas avoir un aussi bon salaire. Quelqu’un qui veut absolument un bon salaire se retrouvera peut-être avec un emploi qu’il n’aime pas. Quelques-uns de mes amis ont choisi une carrière où ils ne sont pas passionnés, mais dans le but de pouvoir faire bien vivre leur famille. De mon côté, je voulais que la passion fasse partie de mon travail, en risquant une sécurité financière. Je me souviens de ma première expérience avec l’étude du cinéma. On avait le film Pour la suite du monde (Pierre Perrault, 1963) à regarder et, avec les films auxquels j’étais habitué, ça a été un choc. Le film a été assez pénible, difficile à regarder, ennuyant pour moi à l’époque… Mais je me souviens simon Dor 2de l’avoir regardé assidûment, en prenant des notes. J’ai choisi ce « plate », celui de devoir m’ouvrir à des choses auxquelles je n’étais pas habitué, sachant que je devais travailler pour mieux comprendre ce qui m’échappait. Et aujourd’hui, il n’est plus le plate qu’il était.

Dans certains cas, il y a des limites que la vie semble nous imposer : difficultés scolaires, temps à partager entre travail, études et famille, etc. Bien qu’elles puissent être surmontables à long terme, ou au prix de beaucoup d’efforts, il faut considérer aussi jusqu’où on peut aller, et le temps que cet investissement nous enlève. Quelqu’un qui a des difficultés scolaires, et qui choisirait de « ne pas étudier longtemps » comme ce qu’il ne veut absolument pas [en 1], doit prendre ce fait en considération lorsqu’il regarde ses possibilités.

Je crois en gros que le parcours d’un choix de vie est complexe, mais que c’est une occasion de se questionner plus loin que « ce qu’on veut faire dans la vie. » Il y a tellement de possibilités que la question se pose en plusieurs étapes : « qu’est-ce que je ne veux absolument pas faire? », « qu’est-ce que je veux absolument dans mon emploi futur? », « quelles concessions suis-je prêt à faire? ». Il faut donc trouver au bout du compte un emploi, mais avant tout il faut choisir le mode de vie dans lequel on voudrait se retrouver, pour ainsi voir les diverses possibilités qui s’offrent à nous, de sorte qu’on peut savoir où se réorienter dans le cas où les circonstances ne sont pas favorables à notre premier choix.

Texte de Simon Dor
Webédition par Mathieu Gaucher

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