À Travers Andrée Watters
par Marjolaine Bousquet
, 2005-10-25
 

La jeune auteure-compositeure-interprète est de retour avec son deuxième album solo  À Travers, forte de son premier album qui s'est vendu à plus de 75 000 exemplaires. Récipiendaire du Félix du meilleur album rock de l'année en 2004, elle nous revient avec un disque contenant des chansons plus personnelles et pourvues de fragilité. Watters n'avait que 20 ans lorsqu'elle a été catapultée au sommet des palmarès québécois, en 2003, avec AW. Un single qui nous a fait découvrir une artiste à la fois modèle de force et d'équilibre avec des hits tel Dépendre de toi et Si exceptionnel. Le succès fut indéniable pour elle.  

Introspection  

La jeune chanteuse originaire de Charlesbourg était anxieuse à l'idée de présenter son nouvel album aux médias, dont le premier extrait Laisse la pluie tourne déjà énormément à la radio et semble en bonne voie de devenir le hit de l'été. La nervosité venait sans doute du fait que son deuxième album se veut plus personnel et qu'elle signe la majorité des pièces, épaulée notamment par Catherine Durand et le réalisateur Nicolas Maranda. « Il y avait ce besoin d'écrire d'une manière plus personnelle, plus profonde, qui s'est fait sentir » a confié Andrée Watters à La Presse.  En écoutant ou en lisant les paroles de À Travers on comprend que le second album se veut beaucoup plus introspectif, émergeant dans une réflexion beaucoup plus profonde que le premier album. Certes, tout ça résulte d'une certaine évolution. « C'est le métier qui rentre dans le corps » avoue-t-elle.  

Maturité  

À Travers est donc au cÅ“ur des préoccupations de l'artiste. Il aborde notamment le sujet du suicide avec la chanson Tu pars. C'est un sujet qui la touche personnellement puisqu'elle a connu le sentiment d'une telle perte l'an dernier. Cependant, ces expériences de vie permettent d'atteindre une certaine maturité parfois essentielle ou inévitable quand on est auteur-compositeur-interprète. « J'avais envie d'écrire là-dessus, mais sans tomber dans le drame. Pour moi, c'est un défoulement. Nous, on reste. La vie continue. Cette chanson est la réponse de quelqu'un qui reste » ajoute-t-elle.  

Andrée Watters ne se fait pas trop de « mourron » quant à l'interprétation que le public fera de ses chansons. Elle désire que chacun voit ce qu'il veut bien voir, ce qui l'arrange selon leurs expériences afin d'établir eux-mêmes des parallèles. En ce sens, la pièce Tu pars pourrait tout autant traiter d'une relation amoureuse qui se termine.    

Face cachée  

Par contre, cette liberté d'expression perd un peu de son essence dans la chanson Ma face cachée, coécrite avec Catherine Durand, et qui se veut une réflexion sur la célébrité. La jeune artiste déclare, qu'en tant que personnalité publique, elle se prive quelques fois de dire ce qu'elle pense réellement pour ne pas se faire pointer du doigt. « Alors, on se garde une face cachée d'où le titre de la pièce ». Étant très populaire auprès des adolescentes, elle se dit consciente  d'avoir une certaine influence à titre de modèle sur elles.    

Continuité  

Pour le second album, Andrée Watters a opté pour la bonne continuité en récidivant avec le réalisateur Nicolas Maranda. Il avait coréalisé le premier album avec Fred St-Gelais (Hépatite B).  Ces derniers avaient également assumé les rôles d'homme-orchestre. Cette fois, afin d'instaurer un  certain changement, la jeune chanteuse s'est entourée de ses musiciens qui la suivent en spectacle : Martin Héon (guitares), Pat Frazer (claviers,guitares), Steve Bolduc (basse) et Francis Fillion (batterie). «Ils sont avec moi depuis le début, ils me connaissent. Ils ajoutent aussi une touche plus personnelle à chacun des instruments. C'est une autre approche », affirme-t-elle. Quant à la prise de son et du mixage, elle donne dans les grandes pointures avec François Lalonde qui a d'ailleurs prouvé son talent avec Garou et Céline Dion.rien que ça.  

Fragilité  

Dès la première écoute, on consent à dire qu'il est davantage plus calme qu'AW. Même si le premier extrait, Laisse la pluie, est définitivement empreint de rock, le reste de l'album est un fleuve qui coule doucement. «C'est peut-être à cause des sujets qui sont abordés. Le son est encore rock, mais mes interprétations sont plus fragiles, plus enveloppantes. L'intensité est moins mise sur la guitare et plus axée vers d'autres instruments et la voix». Bref, un album à écouter, une jeune artiste sensible à découvrir ou à redécouvrir.    

 

       

 

 

Le site officiel

       

Pour entendre les chansons du son nouvel album À travers

Andrée Watters ... si exceptionnelle.

Andrée Watters: un peu, beaucoup, à la folie!

Elle est jolie comme tout et a des étincelles dans les yeux quand elle parle de musique, de la vie, de ses projets... À 20 ans, celle dont le premier album, AW, s'est écoulé à plus de 30 000 copies a déjà réalisé plusieurs rêves. Et elle va certainement continuer à nous surprendre.Par INDIA DESJARDINS

Andrée, t'es-tu toujours passionnée pour la musique?

Oui! Quand j'étais toute petite, je faisais partie d'une chorale. Mais comme je restais à Charlesbourg, à Québec, et que je n'avais aucun contact avec le milieu artistique, je pensais que c'était un métier inaccessible. J'ai donc continué à chanter, mais toute seule dans ma chambre! Puis, à un moment donné, des amis m'ont poussée à m'inscrire à un dîner qui s'appelait Le Midi Musique en Vrac. C'était réservé aux jeunes gênés de chanter en public, ce qui était parfait pour moi, car j'étais à cette époque une grande timide! Terrorisée, j'ai interprété Hero, de Maria Carey, les yeux fermés pour ne pas voir la foule... et j'ai obtenu une ovation debout! On m'a même demandé un rappel. C'est à partir de ce moment que tout a commencé.

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