Ali et les Princes de la rue
par Marjolaine Bousquet
, 2005-12-12
 

Ali Nestor Charles
La chance a sourit à 50 jeunes âgés entre 13 et 18 ans, issus de famille à faible revenu de Montréal-Nord, St-Michel, Anjou et St-Léonard, qui ont  bénéficié gratuitement de trois mois de cours de boxe à l'Académie Ness Martial. Ali Nestor Charles, 31 ans,  boxeur professionnel et personnage principal du film Le Ring intérieur de Dan Bigras, est le fondateur et porte-parole de l'organisme à but non-lucratif, Ali et les Princes de la rue. Il a récemment mis sur pied le projet Contrer la violence chez les jeunes par les arts martiaux et la boxe.  

 

Défoulement

Située au 6002 Boul. Grandes-Praires, l'organisme Ali et les Princes de la rue, a pour objectif de venir en aide aux jeunes de la rue en les aidant à développer  la maîtrise et l'estime de soi et ce, à travers l'enseignement des arts martiaux pour ainsi contrer la violence chez les jeunes. En plus du fameux projet lancé en mai dernier, les participants ont l'opportunité de faire des sorties et des activités culturelles et sportives et ainsi de mettre à profit leur ouverture d'esprit.  

Dan Bigras et Ali Nestor Charles

Ali Nestor Charles, qui a débuté sa carrière de boxeur professionnel en 2002, s'implique dans la communauté Léonardoise depuis deux ans. Sans subvention, il aide les jeunes délinquants en les invitant à son gymnase de l'Académie Ness Martial pour se défouler. La plupart sont des adolescents qui fréquentent les gangs de rue et qui ont certaines difficultés à l'école. Le protagoniste avoue que les arts martiaux requièrent  énormément de persévérance, de discipline, et bien sûr de confiance en soi.

Estime  

« Plus jeune, j'ai eu un dur parcours de vie. J'ai traîné dans les rues et dans le monde des gangs pendant plusieurs années. De plus, je n'avais pas de modèle positif et je n'avais personne à qui me confier, c'est-à-dire quelqu'un qui aurait eu le même cheminement que moi et qui aurait pu me comprendre» déclare le principal intéressé. Habité par ce difficile passage de sa jeunesse, il a décidé de fonder l'organisme car, puisqu'il l'avait lui-même expérimenté, les sports de combats sont une manière constructive de canaliser la rage et la
Dan Bigras et Ali Nestor Charles
violence qui nous ronge à l'intérieur. Également, les jeunes sont entourés de modèles qui, comme eux, étaient des jeunes errants dans les rues et qui ont réussi à s'en sortir. Dans cet environnement qui fait preuve d'une grande ouverture, on leur procure un endroit où ils se sentent chez eux, où ils sont toujours les bienvenus et surtout où ils peuvent s'extérioriser pleinement. C'est la revanche de la  valorisation positive.  

Supporté

Ali Nestor Charles n'est évidemment pas seul dans cette belle aventure, il est notamment appuyé par Michel Jeté, un responsable des Centres Jeunesses de Montréal (CJM). De plus, son bon ami, le chanteur Dan Bigras, l'aide beaucoup grâce à ses nombreux conseils, lui qui est déjà très impliqué auprès des jeunes avec Le Refuge. Il est à noter que plusieurs bénévoles effectuent également différentes tâches.  

Le Ring intérieur.
 

Ce «film-documentaire», réalisé en 2002 par nul autre que Dan Bigras, raconte le cheminement de jeunes adultes ayant traversé une jeunesse difficile et fait parti de gangs de rue, qui s'en sont sorti grâce à l'éthique des arts martiaux. Le métrage met en scène des adeptes de combats extrêmes, des hommes qui ont appris à transformer leur colère en discipline. Sur cet univers, Bigras, ne pose pas de jugement. Il montre avec tendresse, mais sans complaisance, des hommes qui reçoivent et donnent des coups pour trouver un sens à leur vie.    

 

 

En mars 2002 à Radio-Canada, Marie-France Brazzo a réalisé une courte entrevue avec le chanteur/réalisateur du Ring Intérieur. En voici les grandes lignes.  

Q. :
Qui voulez-vous voir se déplacer pour aller visionner votre documentaire?

R. : Inévitablement, les jeunes de la rue pour qu'ils comprennent qu'ils peuvent  s'en sortir avec ce qu'on porte à l'intérieur, même si c'est dur, au lieu de se détruire. Il ne faut pas avoir honte de sa colère. Je voudrais aussi que mon p'tit frère, qui est décédé aujourd'hui, voit ce film et également les gens du Refuge. Il faut qu'ils constatent qu'on peut partir de très loin et réussir, ce n'est pas un sujet tabou. Les mauvaises choses qui nous rongent à l'intérieur, on peut s'en servir pour se construire.  

Q. : Vous utilisez souvent le mot «colère» dans votre film. Qu'est-ce que ça représente pour vous?

R. : La colère c'est ce qui m'a détruit de l'intérieur et c'est ce qui m'a aidé à me reconstruire. Il faut arriver à la gérer de façon positive. Oui, la colère peut devenir un sentiment positif et constructif.  

Une leçon de courage et de force, donnée par des sportifs qui ont dompté leurs démons intérieurs.il va s'en dire.  

 


                   

                                           

              

                             

 

 

                                             

 

 

Des infos sur Charles Ali Nestor

Des infos sur le film Le ring intérieur


Des infos sur la boxe au Québec