Kyoto, ça va être ta fête!
Virginie Poirier
, 2006-11-01
 

            

Le Protocole de Kyoto fêtera dans moins de quatre jours le premier anniversaire de son entrée en vigueur. Cependant, pour le groupe ENvironnement JEUnesse (Enjeu), qui est le principal réseau environnemental de jeunes au Québec, les festivités s'annoncent plutôt sombres : l'année 2005 aura été la plus chaude en cent ans, le Québec n'a toujours pas de plan d'action pour lutter contre les changements climatiques et le Canada vient d'élire un gouvernement nettement en défaveur du Protocole.

Action nationale

Enjeu a décidé de fêter l'évènement à sa façon. Dans le cadre de son projet Action nationale, l'organisme organise un évènement donnant la possibilité aux jeunes de se faire entendre sur la scène politique, de montrer leurs motivations et leurs désirs d'agir concrètement pour un avenir viable. Pour la deuxième année consécutive, l'Action nationale portera sur le vélo et le changement climatique.

Trois équipes de cyclistes, réunissant vingt-huit jeunes (et quelques moins jeunes !), partiront de Montréal, de Sherbrooke et de Baie Ste-Catherine pour se rendre au Parlement de Québec, une randonnée hivernale de plus de 300 km. À leur arrivée, le 15 février, les cyclistes d'ENJEU devraient être reçus par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, M. Thomas J. Mulcair. Ils lui remettront les recommandations des jeunes, dont le dépôt immédiat d'un plan d'action respectant l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 6 % par rapport aux niveaux de 1990. De plus, M. Stéphan Tremblay, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'environnement sera présent.

Péti-action

Le groupe de jeunes présenteront aussi une « péti-action » signée par des jeunes s'engageant à poser des gestes concrets pour lutter contre les changements climatiques. « En relevant le défi cycliste pour certains, et en signant la « péti-action » pour les autres, les jeunes tiennent à exprimer leur profonde inquiétude face aux changements climatiques et l'urgence de voir des actions concrètes mises de l'avant. Ils ne tolèrent plus que l'on perde une minute dans la mise en oeuvre au Québec d'un plan d'action vigoureux. C'est leur avenir qui est en jeu après tout! », tient à souligner Eloi Lepage, directeur général d'ENJEU.

Un engagement politique

Lors du Sommet international de la jeunesse sur les changements climatiques en novembre dernier, un événement parallèle à la Conférence des Nations Unies organisé par ENJEU, une centaine de jeunes de partout dans le monde ont adopté une déclaration demandant des réductions des émissions de gaz à effet de serre de 30 % d'ici 2020 et de 80 % d'ici 2050. Même les maires des grandes villes du monde ont tenu à appuyer la position des jeunes en reprenant ces objectifs dans leur propre déclaration.

Les jeunes Québécois, dont la priorité est l'environnement, exigent aujourd'hui le même leadership de la part de leur gouvernement et le même engagement à ne pas compromettre leur avenir, en prenant au sérieux et en donnant suite aux recommandations qui lui seront livrées.

                   

 

 

 

 

 

M.Thomas Mulcair

Le ministre du Développement durable, Thomas Mulcair, promet de dévoiler son plan stratégique su les changements climatiques au printemps. Le Québec sera l'un des premiers à respecter le Protocole de Kyoto, a indiqué le ministre à un groupe d'une trentaine de cyclistes venus lui remettre une pétition hier.

Ces jeunes gens ont parcouru plus de 300 km à vélo pour remettre leur document en mains propres au ministre. La pétition, signée par 1086 jeunes, traduit leurs préoccupations face aux changements climatiques. Ils exigent que des gestes concrets soient posés.

Thomas Mulcair leur a rappelé que les Québécois sont ceux, parmi les Canadiens, qui produisent le moins de gaz à effet de serre.

Le ministre entend s'entretenir sous peu avec sa nouvelle homologue fédérale, Rona Ambrose et la convaincre de se conformer au protocole de Kyoto, que le précédent gouvernement libéral avait signé il y a un an. "Je parlerai prochainement à ma nouvelle collègue. Je suis confiant de la convaincre de suivre le Protocole. C'est le plus important dossier de notre époque. Je crois qu'on va être capable de convaincre le nouveau gouvernement conservateur. Il y a lieu d'être optimiste", a dit le ministre.

M. Mulcair a rappelé qu'il avait refusé de signer une entente avec le précédent gouvernement libéral fédéral dans ce dossier. L'entente aurait procuré 328 millions $ au Québec mais aurait permis une intrusion d'Ottawa dans des champs de compétence relevant du Québec.

Article écrit par Aurélie Deléglise et paru dans