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Jènilie Demers, Geneviève Labrie et Jonathan Baribeau, journalistes de Partenaires 12-18 en compagnie de l'honorable Jean Charest, premier ministre du Québec. |
Quelle sorte d'enfance ou d'adolescence vous avez vécue ?
Mouvementée, c'est le mot qui me vient à l'esprit. J'ai eu une enfance dont je garde un bon souvenir et une adolescence mouvementée. J'étais le troisième d'une famille de cinq enfants qui se suivaient les uns après les autres. C'était dans les années soixante, une période de grande fébrilité et de grands changements au Québec. C'est surtout ça que j'en retiens. Ce que je garde comme souvenirs, ce sont de très beaux souvenirs dans le sens où on était beaucoup en famille. Je faisais du sport et j'étais impliqué socialement. À votre âge, j'étais président de mon école secondaire. Je me suis impliqué politiquement assez rapidement dans ma vie et ça a beaucoup défini ce que ma vie est devenue par la suite.
Quel type d'étudiant étiez-vous au secondaire ?
J'étais le type étudiant dont les résultats variaient beaucoup selon la matière, le professeur et du degré d'intérêt. Mes notes étaient beaucoup en dents de scie. Si le sujet m'intéressait, je m'y appliquais. Si c'était un professeur qui réussissait à capter mon attention, je m'y intéressais. Si c'était l'inverse, bien là mes résultats étaient moins bons. Je ne dirai pas que j'étais un étudiant exemplaire, car je pense qu'un étudiant typique est axé davantage sur ses affaires. Peu importe la matière, il le fait avec autant d'effort et de rigueur. Malheureusement, ce n'était pas mon type de personnalité.
Y a-t-il un(e) enseignant(e) ou un(e) intervenant(e) du milieu scolaire qui vous a marqué ou influencé ?
Oui, j'ai été chanceux dans ma vie. J'ai eu des anges gardiens. Je les appelle les « anges gardiens de la vie », car c'est un peu le destin qui place ces gens là sur notre route. Ils ont un impact très important pour nous. J'avais un professeur de cinquième année qui est comédien aujourd'hui. Quand il nous enseignait l'histoire et il jouait au théâtre, il rendait le sujet tellement vivant que je me suis intéressé à l'histoire. J'ai eu d'autres professeurs, d'autres influences, comme ça dans ma vie qui m'ont marqué. Ça a été pour moi une grande chance de côtoyer ces gens là.
Faisiez-vous du bénévolat dans votre adolescence, dans votre école ou dans votre municipalité ?
Oui, j'en ai fait au niveau secondaire pour la Croix Rouge. Ma mère faisait du bénévolat. Malheureusement, elle est décédée
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Le premier ministre a rencontré des jeunes de l'école Mont-de-La salle lors du parlement des jeunes à l'Assemblée nationale (février 2004). | très jeune, elle n'avait que 48 ans. Elle s'impliquait aussi au niveau scolaire et elle nous entraînait là dedans. Il était entendu chez nous, qu'on devait être disponible pour aider les gens autour de nous. Par exemple, ma grand-mère habitait à côté de chez nous et l'hiver, je pelletais son entrée. Je le faisais aussi pour une voisine qui était plus âgée. On n'était pas payé pour ça et on le faisait pas pour l'argent non plus. C'était une valeur qui était beaucoup discutée chez nous, le travail. Moi, avec mes parents, quand on grandissait, ils insistaient beaucoup sur quelques éléments: il faillait étudier (ça s'était sacré) et il faillait travailler dans la vie pour réussir. Mon père nous disait qu'il y a avait 3 choses à faire dans la vie pour réussir : travailler, travailler et travailler. J'ai commencé à travailler à l'âge de 15 ans quand j'étais étudiant. J'ai jamais arrêté depuis. L'autonomie était une autre valeur qui était beaucoup primée dans notre famille. Être une personne autonome dans tous les sens du mot ! Il faillait que tu puisses autant cuisiner que de t'occuper de tes autres affaires. Dans le navire de la vie, tu n'étais pas un passager, mais un membre de l'équipage. Tu avais des devoirs et des choses à faire.
Est-ce important, aujourd'hui pour les jeunes, de s'impliquer bénévolement dans la vie de leur milieu ?
Je pense que c'est important d'abord pour s'ouvrir à d'autres milieux et voir ce qui existe ailleurs. Ça nous permet de contribuer à construire la société et d'apprécier le fait qu'on peut faire une différence dans notre vie. Le bénévolat nous permet de le faire de façon significative et ça peut être dans la vie d'une seule personne. Dans le fond, on nous demande pas de changer la planète en faisant du bénévolat. Juste aider une seule personne à régler un problème, à améliorer sa situation, c'est une
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Mohammed Ali | victoire et une source de joie. C'est un genre de chose qui est très enrichissante dans une vie quand on commence à le faire.
Quelles ont été vos idoles de jeunesse ?
Moi, j'aimais beaucoup le boxer « Mohammed Ali ». Ce boxer noir symbolisait et incarnait beaucoup la lutte des noirs aux Etats-Unis, leur émancipation. C'était un homme très très coloré qui possédait une confiance en lui débordante. J'admirais beaucoup son sang froid, sa détermination, le fait qu'il était quelqu'un engagé dans une bataille au sens large, pas seulement au sens de la boxe. Sa détermination et sa confiance lui permettaient de gagner, de faire les choses différemment. Ça c'est quelqu'un que j'admirais beaucoup. Sur le plan politique, il y a un président américain que j'ai beaucoup aimé, c'est Theodore Roosevelt. Il était président américain au tournant du
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Theodore Roosevelt | siècle, à un moment ou les colonies américaines changeaient beaucoup. Et Monsieur Roosevelt s'intéressait à tout tout, tout tout. Il était botaniste, chanteur et homme politique. C'était un homme qui, quand on fait la somme totale de sa vie, dégageait un très grand degré de liberté tellement il s'intéressait à beaucoup de choses. Il était remarquable.
Quelles études avez-vous fait pour devenir Premier ministre du Québec ?
Pour devenir Premier ministre du Québec, je pense qu'il faut faire preuve de beaucoup de détermination. Il faut avoir des convictions profondes sur un certain nombre de choses auxquelles on croit. C'est un travail qui est passionnant et exigeant. D'ailleurs, je vous fais remarquer qu'on critique beaucoup les hommes et les femmes en politique. Pourtant, il ne manque jamais de candidats aux élections! Les gens qui choisissent cette carrière vous diront par la suite que, sans doute, c'est le meilleur emploi qu'ils ont exercé dans leur vie. On est aux premières loges de tout ce qui se passe dans notre société. On vit des changements, on les façonne. Alors pour devenir Premier ministre du Québec, il faut avoir une idée de ce qu'on veut pour le Québec, de comment on voit l'avenir du Québec. Et moi, il y a quelques changements que je voulais. Je voulais d'abord que le Québec puisse continuer à jouer un rôle de leadership dans la fédération canadienne. Je crois beaucoup au système fédéral dans lequel nous vivons, parce que je pense que c'est la meilleure façon de permettre l'émancipation du Québec. Je voulais redonner aux québécois plus de liberté sur le plan économique, que l'on ait davantage de richesse pour pouvoir prospérer davantage. On peut jouer ce rôle au niveau de
l'environnement. On va le faire avec la loi sur le développement durable. Alors, les ambitions pour le Québec manquent pas. Pour y arriver, par contre, ça commande beaucoup de constance et d'effort. Il faut passer des tempêtes de controverses, de critiques. Il faut accepter le fait qu'on nous donne pas toujours raison du jour au lendemain. J'avais cette détermination là.
Comment vivez-vous le fait que les politiciens soient souvent critiqués par la population ?
J'aime pas ça et je m'en plains pas, car ça fait partie de la « job ». Des fois, des gens qui disent des choses qui sont blessantes et ils oublient qu'on a des familles et des sentiments. On finit par se faire une carapace et on apprend à vivre avec ça. Par exemple, il y a des choses qu'on ne lit pas, quand un article commence par une critique virulente et qu'on sent qu'elle est injuste, on n'est pas obligé de la lire. C'est facile critiquer les politiciens, c'est plein de clichés, mais il reste toujours que ce qu'on fait demeure toujours important. C'est pour ça qu'il faut avoir beaucoup de foi dans ce qu'on fait. Il faut être capable de prendre du recul. Si j'avais écouté tous les sondeurs entre 1998 et 2003, j'aurais démissionné, j'aurai quitté, je serais parti. J'ai choisi à la place d'écouter mon cÅ“ur et mes convictions. Je suis devenu Premier ministre du Québec.
Qu'est-ce qui est intéressant dans le travail que vous faites ?
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En Mauricie, dans le cadre d'une tournée organisée pour l'élaboration de la Stratégie gouvernementale d'action jeunesse. | out est fascinant! Je voyage partout au Québec et je rencontre des gens très intéressants qui ont plein d'idées, qui veulent faire des changements. Ils ont la passion pour l'environnement, ils sont passionnés de développement économique ou pour la santé. Ce qu'il y a aussi d'intéressant dans ce que je fais, c'est je suis capable, moi, parce que j'ai un mandat de la population, de changer un certain nombre de choses, d'améliorer la vie de certaines personnes. Présentement, on fait une consultation pour établir une stratégie d'action jeunesse. Ça va nous permettre d'aller chercher les meilleures idées possibles pour venir en aide, par exemple, à des jeunes qui sont en état de détresse et qui peuvent penser à se suicider. La partie la plus intéressante de notre travail, c'est de pouvoir faire des changements et de toucher à plein plein de sujets.
Qu'est-ce qui est plus difficile dans ce travail ?
Le plus difficile, c'est de faire face au découragement des gens. Je pense que le découragement, surtout venant des jeunes, c'est une chose qu'on ne doit pas accepter. Il y a des gens qui pensent qu'il n'y a rien de bon, tout est négatif. Alors que la vie c'est très court et qu'on ne vit qu'une fois. Il faut mordre dans la vie. Le découragement, je trouve ça inacceptable, parce que ce n'est pas ça la vie, c'est exactement le contraire.
Quels sont vos passe-temps préférés ?
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Jean Charest accompagné des membres de sa famille. | J'aime beaucoup cuisiner. Moi, ma vie, c'est mon travail et ma famille. Quand j'ai des temps libres, je veux les passer avec ma famille. J'ai 3 enfants : une fille de 22 ans, un garçon de 17 ans et une fille qui aura bientôt 16 ans. Mon épouse Michelle et moi, nous sommes mariés depuis 25 ans. On vient de faire la fin de semaine de l'Action de grâces et, le dimanche soir, c'est moi qui ai préparé le souper. Ça me détend. Moi un repas, c'est un geste d'amour et de partage. J'aime acheter des aliments, j'aime préparer le repas parce que c'est, pour moi, un beau moment à passer dans la journée avec quelqu'un. Quand j'invite quelqu'un à ma table, c'est parce que j'ai le goût d'être avec cette personne là. Pour moi, c'est un moment important dans la journée.
Comment trouvez-vous les adolescents d'aujourd'hui ?
Je les trouve très intéressants et moi je suis très optimiste pour leur avenir. La vaste majorité des adolescents vont bien. Je fais exprès pour le dire pour une raison, parce que nous, souvent, on est dans des situations où on parle des problèmes de jeunes. Ça pourrait nous faire perdre de vue que la majorité d'eux vont bien. Ils sont bien équilibrés, ils sont heureux, ils sont là pour la relève et ils vont faire leur marque. Il faut se rappeler que les jeunes ne sont pas un groupe homogène. Ils sont différents dans les régions, ils sont différents dans les milieux urbains et ils font des choix différents. Il ne faut pas faire l'erreur de penser que tous les jeunes sont pareils et bravo et tant mieux. Alors moi je suis beaucoup encouragé. Je pense qu'ils sont beaucoup intéressés à l'environnement. Ils voient bien que l'avenir passe par une plus grande volonté pour nous de préserver la nature. Ils sont intéressés à la famille et à leur qualité de vie même si, dans
beaucoup de cas, ils vivent dans des familles qui sont reconstituées. Ça diminue en rien l'attachement qu'ils ont pour ces choses là. Moi, je suis très optimiste pour l'avenir du Québec quand je vois les jeunes d'aujourd'hui.
Que pensez-vous du tabac et de la cigarette ?
On vient tout juste de passer une nouvelle loi pour restreindre davantage la consommation de tabac et de cigarette. C'est un fléau qu'on peut contrôler, contrairement à d'autres comme les maladies dont on ne connaît pas l'origine. On traite les gens et on fait du mieux qu'on peut pour soulager les souffrances quand ça arrive. Dans le cas du tabac et de la cigarette, c'est un fléau qu'on peut éviter. On a fait des pas de géants depuis qu'on a commencé les campagnes pour réduire la consommation de tabac. Il faut encore faire des efforts, car il y a encore trop de monde qui fument, trop de jeunes filles qui fument. Alors on va continuer de faire beaucoup d'effort pour réduire au minimum la consommation de tabac.
Quelle est pour vous l'importance de l'activité physique sur la santé ?
C'est important. Moi je fais de l'exercice et j'essaie d'en faire au moins 3 fois par semaine. Malgré ça, je trouve ça difficile à cause de mon horaire. Moi c'est très bon entre autre pour le stress. C'est une question non seulement de santé physique, je pense qu'il faut davantage mettre l'accent sur le fait que c'est une question de santé mentale. C'est très important car on se sent mieux et on est plus heureux. On est mieux dans tous les sens du mot.
Avez-vous un message à dire aux jeunes de la région ?
Oui, j'aurais un message à vous donner et c'est le suivant : Votre région se distingue de toutes les régions du Québec et du Canada même, pour ce que vous avez fait au niveau environnemental. Je vous encourage à être les leaders sur cette question là. Vous êtes des leaders québécois et canadiens lorsqu'il est question de la transformation de la récupération. Pour l'avenir, je vous encourage à pousser encore plus loin pour que, à chaque fois qu'on rencontre quelqu'un qui vient de la M.R.C de l'Érable, on se dise que c'est plus que seulement les produits de l'érable. C'est aussi des gens, plus que n'importe où ailleurs, qui sont préoccupés par l'environnement et le développement durable.
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Partenaires 12-18 de la MRC de l'Érable est un organisme jeunesse oeuvrant en milieu rural. Sa mission consiste à favoriser l'autonomie, l'initiative et le sens des responsabilités chez des jeunes de 12-18 ans. L'organisme en rejoint des centaines résidants dans les municipalités de Lyster, Laurierville, Notre-Dame de Lourdes, Villeroy, St-Pierre-Baptiste, Ste-Sophie d'Halifax et Inverness, via différentes activités sociales, culturelles et sportives.
Un jour, une adolescente membre d'un Comité 12-18 de la région a osé rêver faire une entrevue avec une artiste qu'elle chérissait bien! Depuis, à chaque année, deux à trois jeunes administrateurs par comité jeunesse sont élus ou nommés responsables des relations publiques. Une de leurs responsabilités consiste à préparer et à réaliser des entrevues avec des personnalités du monde artistique, sportif ou politique de leur choix! Celles-ci sont ensuite publiées dans l'hebdomadaire de la région. Nous sommes heureux de vous faire connaître ces jeunes talentueux et de vous présenter le résultat de leurs efforts. «Trois ados rencontrent Jean Charest» est le deuxième article de ces jeunes talentueux journalistes que Québec Jeunes a le privilège de publier. Il a été réalisé au mois d'octobre 2005. Merci à Jènilie Demers, à Geneviève Labrie et à Jonathan Baribeau. Merci également au coordonnateur de l'organisme, Gilles Cayer. L'équipe QJCOM. |