Francophonie et Internet
, 2006-03-10
 

                    

Découvrez les activités organisées dans le monde (en Afrique, Amériques, Asie, Europe, Océanie, Océan indienet Moyen-Orient) à l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie.)

Rendez-vous de la Francophonie

Chaque année, le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, nous offre une belle occasion de célébrer la Francophonie aux quatre coins monde. Cette journée de fête unit non seulement les 170 millions de francophones recensés de par le monde, mais aussi les 710 millions de personnes qui vivent dans les 63 États et gouvernements membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. Yep! On fête en français dans des pays comme l'Argentine, le Brésil, l'Inde,le Pakistan, l'Australie et le Brunéi (?).

2006 sera également l'année du rendez-vous de Bucarest où se tiendra en septembre prochain le XIème Sommet consacré à des questions qui se trouvent au cÅ“ur des préoccupations : les technologies de l'information et l'éducation. Au Canada, la Journée est intégrée à l'intérieur des Rendez-vous de la Francophonie qui ont lieu du 10 au 26 mars 2006. Dans le cadre de ces événements spéciaux, Québec Jeunes fait le point sur l'usage du français sur Internet.

Le français s'affirme sur le Web

C'est l'évidence même que la langue anglaise prédomine Internet depuis sa naissance. Fort heureusement, l'internationalisation et son expansion rapide dans le monde suscitent un peu d'espoir
en amenant avec elle l'affirmation des autres langues comme le chinois, l'espagnol les langues slaves comme le russe et bien entendu, le français. Le contenu en français est le troisième en importance sur la toile avec près de 113 millions de pages (celui en anglais est 10 fois plus volumineux).

« Si la langue de Molière et de Pascal connaît présentement un essor, c'est suite au réveil tardif des Français » indique Albert Salon, directeur de Fraternité francophone internationale. Pour lui, la présence du français sur la toile, importante, ne correspond pourtant pas encore à la force démographique, intellectuelle, scientifique, économique, de la Francophonie. Celle-ci, par exemple, est en troisième position pour sa présence sur Internet après l'anglais et l'allemand, langue qui est moins parlée que le français.

Il reste cependant qu'il y a amélioration dans plusieurs domaines. Ainsi une étude de l'Organisation des Nations unies consacré à l'éducation, à la science et à la culture (UNESCO), réalisée en février 2005, a démontrée que dans certains pays non anglophones, les étudiants utilisent surtout leur langue nationale pour effectuer des recherches pour leurs travaux scolaires. Ainsi, les étudiants français utiliseraient l'anglais pour faire leur recherche dans une proportion de 29 %, les japonais 15 %, les italiens 17% et les arabes 25%.

En août 2004, les contenus en français représentaient seulement 5 % de l'ensemble des contenus disponibles sur le Web, contre 58 % pour les contenus en anglais. Pour ce qui est du nombre de sites francophones, celui-ci s'est multiplié par 12 depuis deux ans, alors que les sites en anglophones n'ont que quintuplé.

Google, le moteur de recherche le plus utilisé sur Internet et qui offre des services en 105 langues, a vu doubler les recherches en français entre 2001 et 2003. En même temps, les recherches en anglais sont passées de 64 % à 52 % de toutes celles effectuées sur Google, une tendance à la baisse qui se poursuit.

En ce qui concerne les blogues, ceux rédigés en français se trouvent au cinquième rang, juste devant ceux en espagnol. Vous serez surpris d'apprendre qu'après l'anglais, la principale langue des blogues est le portugais.

Québecnaute

Croyez-le ou non, les Québécois auraient été parmi les premiers francophones à être massivement présents sur la toile ! La tendance à la baisse de l'anglais dans l'utilisation d'Internet au profit du français se manifeste également au Québec. Selon l'enquête du Netendances (CEFRIO), les deux tiers des quatre millions d'internautes québécois consultent d'abord des sites en français. En 2001, moins de la moitié visitait d'abord des sites en français. Une progression des plus impressionnantes si l'on considère que ce pourcentage n'atteignait que 34 % en janvier 2000. L'anglais ne représente plus maintenant que 25 % de la navigation, tandis que 10 % des internautes utilisent autant le français que l'anglais.

 
Les Québécois et les Québécoises sont de plus en plus actifs sur le Net. Le sondage nous apprend qu'ils consacrent en moyenne 4,9 heures par semaine à surfer sur le Net à des fins personnelles. De plus, 58 % visitent majoritairement des sites en français. Leurs préférences : les sites d'information et d'actualité (32,5 %) et les sites de divertissement et de loisirs (19 %). Et plus les Québécois s'approprient Internet, plus ils en explorent les nouvelles avenues : blogues, téléphonie IP, apprentissage en ligne, téléchargement et écoute de vidéo en ligne, etc. A ce chapitre, le sondage révèle que près de trois Québécois sur dix ont déjà recherché un emploi sur le Web (29 %) et sensiblement le même nombre (28,5 %) sont abonnés à une liste d'envoi par courriel (bulletin électronique). Par contre, un nombre moins élevé de Québécois ont déjà consulté un blogue sur Internet (12 %) ou suivi une formation en ligne (10,5 %). Quant à la téléphonie IP, 9,5 % des Québécois disaient y être abonnés en octobre 2005, alors que 15,5 % prévoyaient s'y convertir au cours de la prochaine année. Enfin, l'enquête révèle que le visionnement et le téléchargement de vidéo en ligne commencent à gagner des adeptes : 10 % des adultes pratiquent désormais cette activité. 

Notez également que six Québécois sur dix possèdent maintenant une adresse courriel, une hausse de plus de 14,4 points depuis 2003. Le téléchargement ou l'écoute de musique en ligne poursuit graduellement sa croissance. En décembre 2005, 1,1 million d'adultes québécois (19 %) s'adonnaient à cette activité. Quant au clavardage, plus du quart des Québécois l'ont désormais adopté (27 %), ce qui représente le résultat le plus élevé jamais enregistré.

Champions du Net au Québec

Les jeunes Québécois sont de fervents utilisateurs d'Internet : 99 % d'entre eux y ont eu accès au cours des six mois précédant l'enquête et 87 % au cours de la semaine la précédant. Les jeunes de 14-17 ans sont aussi les champions du Net au Québec. En mars 2004, les deux groupes d'âge, 14-15 ans (89 %) et 16-17 ans (90 %) affichent ainsi les plus hauts pourcentages d'utilisation régulière. Que font les ados sur la toile en 2004?  Selon l'enquête NetAdos (CEFRIO), les activités privilégiées par les jeunes sont :

     

L'utilisation des outils de recherche (92 %, contre 78 % en 2002);
       Le courrier électronique (79 %, contre 72 % en 2002);
      La navigation sans but précis (74 %);- Le clavardage (72 %, contre 66 % en novembre 2002);
      La visite de sites reliés à des films, des émissions de télé, etc. (65 %);
       La messagerie instantanée (64 %);
      Les jeux en ligne (61 %, contre 56 % en novembre 2002); 
      La visite de sites relatifs à leurs loisirs (61 %, contre 54 % en 2002).    

Autoroute de l'information

Toute cette activité est positive pour la valorisation du français sur le toile. Les gouvernements provincial et fédéral ont joué un rôle important dans cette fièvre internaute au pays. Le gouvernement du Québec a donné le ton en adoptant une stratégie nationale à l'égard de la société de l'information : la Politique québécoise de l'autoroute de l'information. Toujours en vigueur aujourd'hui, cette dernière vise à favoriser des retombées économiques et sociales au Québec. Les objectifs poursuivis par le gouvernement du Québec dans sa stratégie sont de cinq ordres :

     

la généralisation de l'accès sur tout le territoire et à toutes les couches socio-économiques de la population (l'accès) ;

     la modernisation des méthodes et des moyens pédagogiques traditionnels et la formation de la population (l'éducation) ;
     la préservation de la langue française dans l'usage des nouvelles technologies de l'information et le développement de contenus francophones adaptés à la culture québécoise (la culture)  ;
     la transformation des affaires et des emplois grâce à l'électronique ainsi que le développement économique des régions permettant de préserver les marchés et de développer l'exportation (l'économie et l'emploi) ;
     le renouvellement des services de l'État en y intégrant une prestation électronique (l'État).

Francommunautés virtuelles

Pour sa part, le gouvernement canadien serait parmi les plus gros producteurs de pages francophones au monde et il a d'ailleurs obtenu des prix pour la qualité de ses sites. Une de ces initiatives qui mérite votre coup d'Å“il est le programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada. Depuis sa création en 1998, ce programme a appuyé financièrement, en partenariat avec Patrimoine canadien dans le cadre de Culture canadienne en ligne, plus de 140 projets francophones novateurs ayant pour but de stimuler la connectivité, l'accès à l'inforoute, le développement de contenus et les nouveaux médias en français. Au total, au-delà de 9 millions de dollars ont été investis dans les collectivités francophones et acadiennes afin que celles-ci puissent non seulement accéder à du contenu de qualité en français, mais aussi augmenter leurs compétences en matière de développement et d'utilisation des technologies de pointe. Visitez quelques-uns des sites créés au Québec via le programme Francommunautés virtuelles en cliquant sur leur titre respectif :

   

Femmes au travail! : projet pilote d'un centre virtuel de réseautage

 

   In-Terre-Actif
   Jeux génériques sur l'inforoute : multiplicateurs de jeux éducatifs au service de la collectivité francophone
   Le Théâtre virtuel des Gros Becs
    Picasso-Québec

En conclusion : même si les gestes à poser sont encore nombreux, les résultats obtenus font du Québec et du Canada des communautés à l'avant-garde et admirées par plusieurs. Souhaitons que le développement des nouvelles technologies fassent encore partie de leurs priorités à venir.

Ombro tablo !  

Les SMS (Short message service) ont rencontré un succès incontestable ces dernières années tant auprès des jeunes que des entreprises commerciales offrant des téléphones cellulaires. Avec leur développement est né un style d'écriture particulier qui a déjà fait couler beaucoup d'encre et entraîné nombre de réactions chez les linguistes, sociologues, psychologues et autres spécialistes de la communication. Pour les plus craintifs, la vague SMS est en train de balayer les repères que sont la grammaire et l'orthographe déjà peu maîtrisés par les jeunes publics,qui sont par ailleurs les consommateurs les plus enthousiastes du SMS. Pour les plus optimistes, au contraire, les SMS renferment des formes variées de jeux de langue souvent subtils et ,en tant que phénomène de mode, ils poussent les jeunes à fréquenter plus assidûment la communication écrite jusqu'alors dédaignée. Dans tous les cas, cette nouvelle forme textuelle suscite la curiosité et l'intérêt des scientifiques impliqués dans l'analyse des langues et de la communication comme en fait foi le site qui invite de faire don de vos SMS à la science !

 

         

 Textes : Virginie Poirier et Serge Daigneault

Recherche et webédition : Virginie Poirier