Ian, passion gigue
, 2007-06-07
 

Ian Yaworski travaille le jour au Second Cup de la rue Notre-Dame dans leVieux-Montréal. S'il aime le café, il aime surtout danser. Le soir venu, il a tôt fait de disparaitre pour rejoindre ses potes de gars et de filles pour. giguer. Hé oui! Giguer. Pas comme les «mononcles » du siècle dernier. Non comme des jeunes du 21e siècle qui ont de l'énergie et de la bougeotte à revendre.

Originaire de Drummondville, la capitale de l'Expression et des Traditions, il a fait ses premiers pas de danse, alors qu'il a neuf ans, à l'école Mackinaw. Dans cette région, qui accueille depuis 25 ans le Mondial des Cultures, la grande fête des nations du monde, il est bien difficile de s'orienter vers le « breakdancing » ou le « rock'n roll ». Ici, on est plutôt folklorique! Mais Ian aime beaucoup ce genre de danse. Tout en préparant un double expresso, il en parle avec une passion qui grave en nous le désir de le voir marteler les planches du Fuxi Club, un des carrefours de la gigue contemporaine à Montréal.

 « J'aime toutes les danses, je vais même dans les discothèques. Toutefois, la gigue offre quelque chose qui vient me chercher jusque dans les tripes. Pour ceux qui croiraient que la gigue, c'est dépassée. Il faudra réviser votre dossier : cette danse rythmée n'a cessé d'évoluer et d'exprimer différentes influences culturelles»  affirme-t-il en paraphrasant un des maîtres gigueurs au Québec, Lûk Fleury.

Ce qui n'a pas empêché ses camarades du secondaire de se moquer de lui au début. Comme il était timide et pacifique, Ian a pris son mal en patience. Puis les attitudes ont changé. « Lorsque venaient les vacances d'été, on se disait ce qu'on allait faire. Alors que les autres parlaient de travailler ici ou de foirer là, moi je leur contais que je partais en tournée dans les régions du Québec ou en Europe. Un été, j'ai dansé en Espagne, en France puis en Angleterre» raconte le gigueur de 24 ans. Ayant dansé également au Mondial des cultures, c'est alors que ses compagnons de classe ont commencé à le regarder d'un autre oeil.

J'ai du fun !
 
Lorsqu'on lui demande « pourquoi la danse et non pas le skate, le xbox, la peinture ou le hockey »? Il répond que la danse est un trip : « j'ai du fun ! » Pas de plaisir pas de danse. Elle l'aide aussi à prendre conscience de son corps, à établir un rapport entre lui, l'espace et le temps. L'apprentissage de nouveaux pas et  la réalisation des enchaînements favorisent sa concentration et exerce sa mémoire tout en l'amusant. Puis il y a le phénomène gang. « J'aime danser avec la troupe. Les gens sont sympathiques et c'est super de réaliser une chorégraphie ensemble, d'être un qui fait partie d'un tout. C'est de l'art en mouvement, des émotions en motion » ajoute-t-il. S'il avoue vivre un léger trac à s'exécuter devant une foule, la danse reste pour lui un moyen de se défouler, de lâcher prise, de susciter et d'extérioriser sa joie de vivre. « Il y a des moments où j'ai l'impression d'être là et ailleurs en même temps. C'est l'instant ou le danseur, la danse et ce qui est dansé font UN. La gigue me permet de rechercher la magie qui est en moi » confie celui qui a participé aux Concours culturels des IVe Jeux de la Francophonie (2006) avec la troupe [zøgma], un collectif de folklore urbain.

La gigue

Chez [zøgma], on écrit que la gigue s'est principalement développée au Québec et dans les provinces de l'Est du Canada. C'est sur des lieux de travail, comme dans les camps forestiers et autres chantiers en régions rurales ou urbaines, qu'elle se métisse et se transforme au gré des influences externes. Originellement composée de séquences rythmiques exécutées uniquement avec les pieds, il était courant de juger de la qualité d'un danseur à sa capacité à danser tout en maintenant un verre sur sa tête, et ce, sans renverser une seule goutte du liquide qu'il contenait. Pour commémorer cette page d'histoire, le collectif en a fait un spectacle :Chantiers.

Un trip!

« La gigue, c'est tripant ! On la voit comme un jeu » clame Lük Fleury, un des pionniers de la gigue contemporaine à Montréal, Ici donc, pas de grandes théories existentielles complexes sur l'art de la chorégraphie. Seulement des fourmis dans les jambes, le diable au corps et un bouillant désir d'explorer de nouvelles avenues. En opposition à la gigue traditionnelle dans laquelle le mouvement se retrouve dans les jambes et pieds, le travail de Fleury exploite le haut du corps. Il permet aussi aux danseurs de rentrer en contact entre eux. Un tableau démontre trois danseurs qui se tiennent par les mains, et qui se poussent et se tirent. Des danseurs en déséquilibre c'est du jamais vu dans la vieille gigue, car sa norme esthétique est l'équilibre. C'est l'une des façons que Fleury emmène cette danse au 21e siècle. Il l'appelle la « gigue contemporaine ».

Voire des miniclips sur la gigue contemporaine en cliquant sur l'image. Choisir la section Multi & médias.

Sur le site du Fuxi Club on définit la gigue contemporaine de la façon suivante : 1- Allier la gigue traditionnelle québécoise à la liberté chorégraphique de la danse contemporaine.  2- Série de mouvements des bras et du haut du corps qui s'imposent aux pieds.  3- Mise en valeur d'une poésie du sol, à cheval entre tradition, modernité, entre équilibre et déséquilibre.  4- Syn. Vacarme, précision, douceur, rythmes, fracas, aérien.  5- Par métaph. Machines à giguer.

 

Les bienfaits de la danse, selon Topdance

La danse est un sport éducatif par excellence dont chacun se plaît à reconnaître les bienfaits sur l'harmonie musculaire, l'endurance, le développement des capacités respiratoires et cardiaques.

La danse contribue à parfaire le sens de l'équilibre, du maintien, de l'élégance, de la souplesse, des réflexes, de la coordination.

La danse reste un excellent exercice de maîtrise mentale. Apprendre un pas nécessite une application, une attention, une concentration de tous les instants. C'est une gymnastique salubre aux cerveaux dispersés.

La danse éveille l'esprit à la musique, éduque l'oreille qui doit de reconnaître, de différencier chaque morceau joué par l'orchestre. Identifier les rythmes, les cadences, et les adapter pour réaliser les figures qui les expriment.

La danse, agréable moment, est un puissant dérivatif à nos ennuis, nos chagrins, nos peines. elle aide à oublier, à mieux supporter, et à vaincre les difficultés et les soucis au quotidien.

La danse est le seul sport permettant aux enfants, parents, grands-parents de se distraire ensemble, de danser, d'apprendre, d'enseigner, de s'apprécier et de maintenir un lien très bénéfique entre les générations.

La danse impose la courtoisie, l'aristocratie du langage, la pratique du chevaleresque, les bonnes manières et un respect vigilant de la bienséance.

La danse gomme et annule la timidité, développe la confiance en soi, donne de l'assurance et cultive l'esprit la décision. Elle magnifie l'amitié, la chaleur humaine et la convivialité, qualités que le coeur réclame.

La danse par l'attrait et la variété des figures et le désir de mieux faire incite les danseurs à se perfectionner et à persévérer dans leur art. Ce faisant le danseur va consolider son prestige et gagner en optimisme, dynamisme et bonne humeur pour le plus grand plaisir de sa danseuse et vice-versa.

DANSER, C'EST RÉUNIR BONHEUR DÉTENTE ET JOIE DE VIVRE.

 

. Saviez-vous que :

  • plus de 1,5 million d'adultes canadiens assistent à des spectacles de danse; ce qui représente une fréquentation de plus de 2,5 millions de personnes aux représentations de danse.
  • la fréquentation des représentations de danse a connu une forte croissance dans les années 90.
  • le nombre de personnes gagnant leur vie en danse a augmenté, passant de moins de 400 en 1971 à plus de 6000, en 2001.
  • le nombre de compagnies professionnelles de danse à but non lucratif répertoriées par Statistique Canada a augmenté, passant de 5 à près d'une centaine des années 70 jusqu'à 2000. Le nombre de représentations a aussi augmenté, passant de 569 en 1975 à plus de 2200 à la fin du millénaire.
  • le revenu total de ces compagnies a augmenté, passant de 5,8 M$ en 1973 à 65 M$ en 2000.
  • il y a des milliers de compagnies de danse communautaires et d'amateurs.
  • plus de 1 million de Canadiens suivent des classes de danse ou participent eux-mêmes à des représentations de danse dans leur communauté.
  • grâce à ses styles innovateurs et hybrides provenant de tous les coins du monde, la danse est un bel exemple de la pluralité et de l'ouverture qui caractérisent la société canadienne.

Texte et webédition : Serge Daigneault