Un flic à l'école secondaire
, 2006-06-29
 

L'agent Pierre-Antoine Côté entretient des liens cordiaux avec les élèves de l'école Baie Saint-François, qu'il côtoie régulièrement dans le cadre de ses fonctions. (Photo Le Soleil - M.P.)

Cette réalité, pourtant bien réelle depuis l'an dernier à l'école secondaire Baie Saint-François, ne signifie pas pour autant que la criminalité s'y répand comme une mauvaise herbe, au contraire. C'est surtout à titre préventif que l'agent Pierre-Antoine Côté a été affecté à l'établissement, a-t-il expliqué.

Bien qu'il ne porte pas l'uniforme, le policier de la Sûreté du Québec n'opère pas incognito dans l'école, et les élèves savent pertinemment la nature de sa présence.

Son rôle se veut d'agir comme une ressource complémentaire à l'école face à la criminalité, et surtout à l'égard des touristes, c'est-à-dire des jeunes qui ne fréquentent pas l'établissement, mais qui viennent régulièrement flâner à l'heure du dîner.

Le trafic de drogue demeure la principale infraction inhérente au milieu des jeunes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'école secondaire. Malgré tout, le policier soutient que celui-ci ne représente pas un problème majeur dans l'établissement.

«Il ne faut pas jouer à l'autruche, la drogue est présente chez nous comme ailleurs dans la société, mais ce problème est bien géré avec la collaboration des agents de sécurité, des enseignants et de la direction. C'est arrivé qu'on doive procéder à des arrestations, mais on évite de faire ça à la vue de tous. On favorise une approche concertée qui implique également les parents».

«C'est important que le jeune qui se fait prendre dans de telles circonstances comprenne rapidement qu'il peut y avoir des conséquences à ses actes... et notre but ultime est de faire en sorte que le milieu scolaire demeure propice à l'éducation» explique l'agent Pierre-Antoine Côté.

Par contre, celui-ci affirme que les actes de taxage ou d'intimidation, de même que le phénomène de gangs de rue semblent peu présents dans la communauté scolaire campivallensienne.

Même que le policier admet avoir été étonné, voire bouleversé par l'attitude généralement positive des étudiants. «J'admet qu'après quelques années de patrouille, je suis arrivé ici en entretenant certains préjugés négatifs face aux jeunes. Mais j'ai cependant été surpris par leur attitude respectueuse. C'est sûr que certains semblent méfiants, mais jamais je n'ai perçu d'agressivité. Même chez des étudiants à l'allure punk, on retrouve, au-delà des apparences, des personnes aimables et curieuses.»

Des craintes au début

De son côté, le directeur de l'école Baie Saint-François, Elhami El Masri, avoue avoir entretenu des craintes face à la présence d'un policier dans les murs de l'école. «Je craignais de créer un besoin qu'on pourrait avoir du mal à entretenir plus tard, mais aussi pour une question d'image. Mais je crois qu'en jouant franc jeu, sans cachotteries, cette mesure en valait le coup.»

Le directeur fait valoir que la présence policière offre une nouvelle expertise face à certaines situations où l'école ne pouvait intervenir efficacement. «Ça constitue avant tout une présence sécurisante tant pour les élèves que pour les enseignants.»

Il note également que l'agent Côté a été appelé à rencontrer certains groupes d'élèves à la veille de voyages aux Etats-Unis, pour les prévenir des conséquences fâcheuses que peuvent entraîner certaines plaisanteries, et face auxquelles les autorités américaines ne badinent pas.

Le travail de l'agent Côté s'inscrit dans le Programme d'intervention en milieu scolaire offert par la Sûreté du Québec. D'autres écoles secondaires en bénéficient également, comme à Huntingdon et Vaudreuil-Dorion, et d'autres endroits au Québec.

 

Texte de Mario Pitre tiré du journal                                           

 

Recherche et webédition : Virginie Poirier