Bob Sinclar : profession dj
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Salle V.I.P. de l’Hôtel Novotel de Bucarest. Dans un peu plus de trois heures, Bob Sinclar va entrer en scène aux Arenele Romane. Détendu et souriant, le DJ français le plus connu du moment parle de sa musique et de ce succès foudroyant qui ne le quitte plus depuis deux ans. Une interview gracieuseté de Lepetitjournal.com

 

LPJ : Tu as l’habitude de te produire dans des endroits plutôt glamour, comme Ibiza ou Miami. Quand on vient à Bucarest pour la première fois, on est dans quel état d’esprit?


BS : Je viens toujours avec un esprit conquérant, je n’ai pas d’à priori à partir du moment où l’on me demande de jouer dans un endroit. Et c’est encore mieux quand il y a une maison de disque sur place qui puisse un peu pousser la vente de mes disques. Depuis la sortie des albums “Love generation” et “Western dream”, ma société de production à Paris a des licences dans 25 pays. En Roumanie on est quand même disque de platine, nous avons vendu plus de 7000 CDs.

 

LPJ : Dans l’album “Love generation” (la génération de l’amour), on a le sentiment que tu veux faire passer un message aux jeunes…


BS : Je n’essaie pas trop d’intellectualiser ma musique, c’est pas mon truc. Mais je pense que ce qui est important c’est de vivre un peu ses rêves. J’ai une passion depuis l’âge de 16 ans, celle d’être DJ. Il y a 20 ans, il n’était pas aussi simple de se projeter en tant que DJ professionnel, ni de penser qu’on allait pouvoir fabriquer de la musique avec les nouvelles technologies, en recyclant des sons. Et de créer quelque chose pour faire danser les gens. Tous les jours je prends un très grand plaisir à faire de la musique. J’ai envie de dire aux jeunes qu’il se passe toujours des choses et qu’il faut vivre sa passion. J’ai aussi rencontré des gens extraordinaires, comme ces Jamaïcains à New York qui m’ont apporté beaucoup au niveau de l’écriture. Ils ont un rapport plus simple avec les choses, alors que dans nos pays, en France par exemple, on a tout et on est toujours en train de se plaindre.

 
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LPJ : Comment expliques-tu un tel succès international ?


BS : La musique que je fais est une musique de club, et le clubbing c’est un seul et même pays. Les gens viennent d’eux-mêmes dans un endroit qui est libre, pour faire la fête, et c’est pareil partout dans le monde. C’est pour cela que j’aime faire une musique assez festive, joyeuse, pleine de bonnes vibrations avec un peu de mélancolie, mais qui fait toujours passer un message positif. Et puis quand j’ai commencé il y a 20 ans, je ne faisais de la musique que pour les DJ, qui eux-mêmes passaient mes disques tous les week-end. C’est de cette façon que cela s’est propagé. Le DJ a désormais des choses à dire. Mais je suis aussi venu avec des chanteurs pour éviter la monotonie parce que le “beat” (rythme, ndlr) est un peu toujours le même, il faut savoir surprendre quand tu as devant toi 6000 personnes. Moi-même j’essaie souvent de casser ce rythme binaire pour que les gens ne s’ennuient pas.

 

LPJ : Tu t’attendais à tout ça?
 

BS : Je ne pensais pas arriver jusque là. J’ai commencé par des petits clubs, puis des plus gros, et après j’ai fait beaucoup de festivals, notamment depuis deux ans. Sans prétention aucune, je suis l’artiste français le plus programmé dans le monde, même s’il est vrai que ma musique est chantée en anglais, et je suis le DJ qui a le plus de titres à la radio. Tout ça “pop starise”… Aujourd’hui je dois aussi beaucoup travailler l’image, les clips, comme un vrai chanteur.

 

LPJ :  Et ta vie personnelle?
 
BS : On croit qu’un DJ a nécessairement une vie de V.I.P toute l’année et qu’il fait tout le temps la fête. Mais je suis anti-drogue, anti-alcool, anti-cigarette et j’ai une vie très simple à Paris. Je suis marié et j’ai deux enfants. C’est important pour moi d’avoir des bases affectives solides afin de continuer à faire ce métier.
 
Propos recueillis par Laurent Couderc, lepetitjournal.com.

Webédition: Simon Gaucher  

 

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