Un appareil photo. Dix jours. Une mission: croquer votre réalité. Montrez-nous votre monde. À vous. C'est le défi que deux jeunes photographes ont lancé à plus de 200 enfants défavorisés des Balkans, du Caucase, et d'Asie Centrale. À voir les résultats, on peine à croire qu'ils n'avaient pour la plupart jamais tenu de kodak dans leurs mains.
Entre janvier 2006 et avril 2007, ils ont parcouru 45 000 km à bord d'une camionnette transformée pour la cause en laboratoire photographique. Sur place, ils sont ensuite entrés en contact avec des écoles, des orphelinats, des associations d'enfants handicapés ou des centres d'enfants des rues, dans le but de mettre sur pied des ateliers de photo.Chaque fois, une dizaine d'enfants assistaient aux ateliers. À chacun, ils ont confié un appareil numérique pendant une dizaine de jours (gracieuseté des Fujifilm, Sanyo et autres entreprises charmées par le projet). Leur mission? «À travers tes images, montre-nous qui tu es», résume Mai-Loan au bout du fil. Chacun est revenu avec une dizaine de clichés (plus de 4000 photos ont été tirées au total), représentant les thèmes suivants: moi, ma famille, mes amis, où je vis, mon école, mon animal, mon moyen de locomotion, mon assiette, ma passion, un symbole de ma culture.
«La magie de la photo se passe par la toute première fois. La toute première fois qu'on a cet objet qui est d'une telle fascination (l'appareil photo), c'est très fort.»
Lors de chaque atelier, Mai-Loan et son compagnon exposaient les réalisations des autres enfants rencontrés. Pour qu'ils prennent conscience des autres, de leurs différences et de leurs richesses. «En Georgie, je me souviens d'un enfant qui m'a dit : eux, ils ont des voitures, des tracteurs, moi, je n'ai rien. Alors on lui as dit : toi, tu marches. Et il a pris ses pieds en photo...»
Chaque enfant a pu garder ses photos, et quelques expositions ont même été organisées dans les capitales des pays visités. «Pour les enfants, c'était assez fabuleux. Le plus souvent, ils n'étaient jamais allés dans la capitale. Alors là, le fait que leur travail soit suffisamment bon pour être exposé, ça a été très gratifiant.»
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