
Passionné de moto et de vélo de montagne, poète à ses heures, Guillaume Gervais n'a tellement pas l'air d'un physicien qu'il craint souvent de s'attirer des ennuis quand un douanier lui demande sa profession. Orphelin très jeune, puis ado frôlant la délinquance et détestant l'école, ce petit gars de Saint-Tite a longtemps refusé de s'avouer son penchant pour les sciences et l'aventure intellectuelle. «J'étais bien trop macho pour ça», raconte en riant le jeune professeur, spécialiste des effets quantiques à des températures ultra basses.
Quand je l'ai appelé, un vendredi matin vers 9 h, c'est d'une voix légèrement pâteuse qu'il m'a répondu, avouant s'être couché tard la veille. «Le jeudi soir, les profs du Département ont l'habitude de sortir ensemble et ils sont souvent les derniers au lit, après les étudiants!» m'explique-t-il, ravi de s'exprimer sur sa profession, mal connue. À 32 ans, Guillaume Gervais a rejoint, en janvier dernier, le dynamique Département de physique de l'Université McGill, où la moitié des 44 professeurs ont moins de 40 ans.

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Christopher Cyr
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