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Thierry Bellevue, un adovisionnaire!
2006-3-18

 

C'est fou ce qu'on peut faire dans la vie. Entre autres, on peut avoir les doigts dans le nez ou sur un clavier. Thierry Bellevue, lui, a choisi la deuxième option. Fort heureusement, car grâce à sa passion et à sa détermination, le Québec compte aujourd'hui sur sa communauté d'ados sur le Web, dans un secteur largement dominé par les américains et par les français. Autre fait saillant, il a créé ce site alors qu'il n'avait que 16 ans, sans aucune connaissance en programmation ou en conception web. Avec le temps, il s'est débrouillé et il a tricoté ce méga site jeunesse, ContactAdos.com, regroupant actuellement plus de 18 000 membres. Mister Thierry, qui êtes-vous et  ckoi ContactAdos.com? Laissons-le se raconter lui-même.  

« Après plusieurs recherches sur Internet, je me suis aperçu du peu de sites québécois destinés aux jeunes francophones, la plupart étant européens. Idem pour les communautés d'ados. Situation plutôt paradoxale alors que 99% des jeunes du Québec utilisent Internet et que ce média est en voie de rattraper la télévision au niveau du nombre d'heures de visionnement (Enquête NetAdos 2004; Cefrio). Comme adolescent de 16 ans, ça bougeait en dedans, il fallait que je fasse quelque chose. Depuis son lancement, le 8 octobre 2001, le site ne cesse de grandir. Il propose un forum et un chat super actifs, un service courriel, des sondages, des fiches sur des super jeunes et un endroit de libre expression. Ça oui! Des échanges, il y en a de toutes les genres : des tout à fait chill à d'autres pas mal éprouvants. Comprenez que, nous, les jeunes on est plutôt directs. Sûr, il y en a qui tombe en amour, mais chez ContactAdos.com, la spécialité : c'est l'amitié et l'ouverture sur le monde. D'un coup, tu te retrouves avec la possibilité de communiquer avec 10100 filles ou 7900 gars qui pourraient devenir tes amis amies. C'est beaucoup du monde? Méchant party!»  

 

« Commodore 64 fût la marque de mon premier ordinateur. À cette époque, je n'avais que sept ans et déjà là l'écran cathodique qui composait le matériel de cette machine, qui était déjà désuète à cette période, m'intriguait au plus au point. Mon voisin, qui me dévoilait certaines fonctionnalités de l'ordinateur à travers des codes DOS, me captivait par la passion qu'il avait lui aussi pour l'informatique. Depuis ce temps, je ne peux m'imaginer une période où je n'ai pas eu un contact direct avec un ordinateur. Par la suite, j'ai eu un 486 qui ne fonctionnait pas toujours comme on le voulait. J'ai développé un engouement pour l'écriture, ce qui m'a permit d'améliorer mon doigté sur le clavier. J'ai rédigé des pages et des pages de textes car à l'âge de 12 ans, ma vocation était de devenir scénariste de films. Mais comme mon 486 ne fonctionnait pas convenablement, j'ai consacré plusieurs temps à l'apprentissage de l'univers du DOS. Ah! le destin. J'ai eu la chance d'occuper plusieurs de mes journées avec les commandes edit, cd, dir, format,

chkdsk et les fichiers command.com, autoexec.bat et config.sys. À tenter de reformater mon ordinateur pour qu'il fonctionne correctement. À l'âge de 14 ans, mon 486 me lâche définitivement et son âme s'envole en fumée alors qu'un nuage s'émanant de son disque dur m'indique qu'il est mort pour de bon ».  

 

Après plusieurs tentatives de persuasion, mon paternel se décida enfin à m'acheter un ordinateur plus moderne, un Pentium II 233 Mhz. Celui qui sera témoin, complice et l'élément déclencheur de mon envie à tout ce qui se rattache à la programmation et l'univers du Web. À vrai dire, ce qui me poussera à tenter de coder mes premières pages Web sera la fois où j'ai entendu dire qu'un gars se faisait près de 1 500$ par mois avec un site web distribuant des fichiers MIDI. Motivé comme pas un, je me suis lancé dans l'apprentissage du HTML pour réaliser ce qui selon moi allait attirer le plus de visiteurs possibles : un site web sur les vedettes. À cette époque un nom de domaine se vendait 100$ USD et j'ai dû essuyer mon premier échec en me rendant compte que ce projet était b

eaucoup plus laborieux que prévu. Un an plus tard, on me mit la puce à l'oreille pour le développement d'un site de rencontres pour jeunes. Ayant fait plusieurs fois le tour et ayant remarqué qu'il n'y avait pas que le HTML qui se faisait pour créer un site, c'est cette idée qui me poussa à faire preuve d'autodidactisme en ouvrant toutes les pages dynamiques codés soit en ASP, PHP ou Perl (CGI). J'ai alors eu le coup de foudre pour la programmation Web.  

« Je n'ai jamais été un être fringuant de la mécanique. Sûr, je suis conscient du fonctionnement d'un ordinateur et de ces composantes. Mais faut faire attention car je ne possède pas d'une très bonne dextérité manuelle. Lorsque j'ouvre un ordinateur, il m'arrive de me retrouver avec des vis en trop ou manquantes. Il m'est même arrivé de briser une carte de son en tentant de la brancher dans son module. C'est clair, ce côté de l'informatique n'était pas pour moi. Par contre, j'aime créer et coder un programme, un script et voir le résultat. J'aime voir qu'une telle variable avec une autre va chercher une telle donnée dans la base pour afficher ceci ou cela sur la page. La programmation web permet de créer des interfaces web qui peuvent être utilisées par plusieurs, que ça soit pour la gestion d'une base de membres, d'une liste de diffusion ou pour le calcul de votes accumulés d'un concours de beauté avec photos. »  

 

« Le projet de réaliser un site de rencontres pour jeunes m'a poussé à faire le tour de tous les langages de programmation Web. Je me suis tout d'abord attardé sur un script en Perl que j'ai trouvé trop complexe mais qui fut le tremplin de ContactAdos.com. J'ai découvert ensuite le PHP (langage que j'utilise présentement). Les versions de ContactAdos.com, programmé en PHP avec une base de données en MySQL, n'ont cessé de s'accumuler et de s'améliorer aussi. Plus de 100 000 jeunes ont visité le site, près de 18 000 inscriptions à l'heure actuelle et près de 1 500 visiteurs y viennent quotidiennement. ContactAdos.com est mon plus grand projet jusqu'à ce jour et je ne cesse d'y travailler pour le voir grandir. C'est justement grâce à ce projet que je peux facilement me familiariser avec tout ce qui concerne la programmation. Même si le langage est différent les bases sont les mêmes (les commandes « if » et « else » sont les mêmes pour tous les langages). »  

Comme pour plusieurs, celui qui a été président du conseil étudiant 2001-2002 de l'École Sophie-Barat (Montréal-Ahuntsic) ne se considère pas comme un bolé et avoue avoir essuyé sa part d'échecs et de défaites. « Cela arrivait surtout lorsque je  m'engouffrait dans un programme qui me plaisait plus ou moins. J'ai dû faire plusieurs prises de conscience et me demander si la direction que je prenais était la bonne et si c'était vraiment cela que je voulais faire dans la vie, plus tard. Pour avoir cliqué sur la création de pages Web, j'ai vraiment cliqué. Voilà pourquoi de l'administration, j'ai finalement opté pour les Techniques en informatique (niveau collégial). » indique Thierry. Depuis il a fondé sa compagnie, Beltnet, et relever le défi de réaliser des mandats comme un pro. Il compte à son actif des clients tels que : RAAV(Regroupement des artistes en arts visuels), CERES (Université de Sherbrooke), GazonQuebec (Groupe Richer), Andre Boisclair (président du Parti Québécois), Ovarium (Bains flottants) et le dernier venu Pouchons (définition : pouchon ou pouchonne, en créole, se dit d'une personne qui est d'une beauté exceptionnelle). Bravo Thierry.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
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