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Le Père Noël n'existe pas!

Pour bien des gens, le Père Noël ne saurait exister. Pour eux, son existence est un problème SCIENTIFIQUE! Si! L'analyse qui suit tente de faire le point sur cet épineux problème.

La nuit du 24 au 25 décembre, L'entité que nous nommons Père Noël, remplit un gros sac de jouet, l'installe sur son traîneau, y attelle huit rennes, qui se nomment Dasher, Dancer, Donner, Vixen, Comet, Cupid, Prancer et Blitzen et Rudolf, un renne à la truffe rouge et luminescente. Puis il prend la voie des airs pour distribuer ses jouets aux enfants. Il arrête son traîneau au dessus de chaque maison, ou au moins un enfant attend ses cadeaux, descend par la cheminée, remplit les chaussettes ou les souliers, distribue les cadeaux restants sous le sapin, éventuellement mange les gâteries laissées pour lui par les enfants, remonte par la cheminée, puis embarque dans son traîneau pour aller jusqu'à la maison suivante.

À condition de fournir les valeurs numériques appropriées, la réalité d'un tel processus est testable dans le cadre des lois physiques connues.

Les rennes

Que les rennes portent un nom ne pose aucun problème, puisque les humains ont l'habitude de donner des noms à leurs animaux familiers. Que le renne de tête ait la truffe luminescente ne permet pas de réfuter son existence puisque divers animaux sont luminescents, à commencer par les lucioles. Certes, ce sont des insectes, mais on a obtenu des fluorescences chez des mammifères par manipulation génétique. On en conclut simplement que le renne Rudolf est un mutant. Plus gênant est le fait que les rennes volent. On connaît bien des mammifères volants, mais ils ont des ailes et sont de petite taille, ce qui n'est pas le cas des rennes. Invoquer une mutation ne servirait à rien: dans le règne animal, pas d'ailes, pas de vol. Le vol des rennes du Père Noël transgresse donc les lois de la zoologie, mais il ne transgresse pas (pas encore) les lois physiques connues

Le sac de jouet

Il y a deux milliards d'enfants et d'ados (moins de 18 ans) dans le monde. Mais puisque le Père Noël ne semble pas s'occuper des enfants Musulmans, Hindous, Juifs et Bouddhistes, la charge de travail se voit réduite à 15% de ce total, soit 300 millions selon le US Population Référence Bureau. En supposant une moyenne de 3,5 enfants par foyer, cela fait 85 millions de foyers.

Si l'on suppose que tous les enfants reçoivent des jouets, qui font en moyenne quatre décimètres cube et pèsent un kilo, le Père Noël doit emporter avec lui 1 200 000 mètres cube de jouets pour un poids minimal de 300 000 tonnes. Il lui faut vraiment un grand sac, un très très très grand sac. Le volume de jouets correspond alors à une sphère de 132 mètres de diamètre, ce qui implique qu'au centre du sac, les jouets forment une pile de 132 m, et avec les volumes et poids supposés, la pression sur les paquets du dessous atteint 3.2 bars. Les paquets fragiles devraient normalement être écrasés.

L'attelage

En admettant que le traîneau du Père Noël soit bien tiré par des rennes, et qu'un renne ne peut pas tracter plus de 150 kilogrammes, le nombre de rennes est à revoir. Il ne faut pas moins de 2 millions de rennes pour tracter le traîneau et ses 300 000 tonnes de jouets, ce qui nous fait un attelage d'environ 2 000 kilomètres de long! Pas facile à garer! Et puis, ça ne doit pas passer inaperçu. A moins d'admettre que non seulement les rennes sont volants, mais en plus, invisibles.  Autre problème, pour se faire entendre de Rudolf, le renne de tête qui est à 2 000 kilomètres de lui, et qui, du fait de la courbure de la Terre, est sous l'horizon, le Père Noël doit avoir une fameuse voix!

Ce n'est pas tout. La vitesse du son étant ce qu'elle est, quand le Père Noël crie (non, hurle) « En route! » à Rudolf, celui ci ne l'entend ( s'il l'entend ) que 1 heure 40 minutes après, ce qui impose au traîneau un stationnement de la même durée. De même quand il s'égosille à hurler « Halte », l'attelage a eu le temps de faire du chemin, surtout aux vitesses que le traîneau doit atteindre pour que le Père Noël puisse faire toute sa distribution. Malheureusement, à 1 heure 40 minutes par cheminée, le Père Noël ne pourrait en visiter que 19. Donc le Père Noël ne communique pas par voie sonore avec ses rennes. En admettant qu'il communique avec Rudolf par radio, il faut encore 6.67 millisecondes pour que Rudolf entende l'ordre « En route », et autant pour qu'il entende « Halte », or nous allons voir que c'est encore trop.

On pourrait croire que le Père Noël dispose de 12 heures pour effectuer sa tournée. En fait, comme il fait sa distribution dans tous les fuseaux horaires, on s'accorde à calculer qu'il a 31 heures pour effectuer son travail, en supposant qu'il voyage d'est en ouest (ce qui semble logique). Ce n'est pas de trop quand on pense qu'il à 85 millions de cheminées à visiter, soit 762 par seconde! Cela lui fait donc 1.3 milliseconde pour se garer, sauter du traîneau, prendre les jouets, descendre dans la cheminée, remplir les chaussettes, distribuer les cadeaux restants sous le sapin, éventuellement manger les gâteries laissées pour lui par les enfants, remonter par la cheminée, sauter dans son traîneau et foncer jusqu'à la maison suivante. En fait, il lui faudrait un traineau supersonique et encore.

Le temps de descente pose un problème à lui tout seul: avec une cheminée bien large d'une hauteur de 5 mètres, et s'il se laisse simplement tomber, le Père Noël, pour respecter la loi de la chute des corps, doit gaspiller 1 seconde entière, alors qu'il ne dispose que de 1.3 milliseconde. Si on lui accorde 300 micro secondes pour disposer les jouets, il lui resterait au plus 500 microsecondes pour descendre et autant pour remonter. Il devrait donc s'élancer pendant 2.5 m et 250 µs, puis se freiner, ce qui lui ferait encaisser une accélération de 16 millions de g, auquel aucun organisme humain ne résisterait. Encore ne lui resterait il plus une microseconde pour rejoindre la cheminée voisine. Force est de constater que le Père Noël n'est pas humain.

La cheminée

Ça fait longtemps qu'on ne fait plus de cheminées capables de laisser passer le gros ventre du Père Noël. Aujourd'hui, il lui faudrait une sacrée cure d'amaigrissement pour réussir à passer par des conduits de 15 cm de diamètre, et tout ça pour aboutir à une chaudière de chauffage central! Pire, il a maintenant des immeubles qui n'ont plus de cheminée du tout.

Cependant, même avec une cheminée bien large, le Père Noël doit être un sacré athlète pour la franchir d'un seul bond avec son sac, dans les deux sens, d'autant que son embonpoint augmente à chaque visite. En effet, si l'on suppose que dans chaque foyer, le Père Noël passe quelques microsecondes à grignoter 10 g de friandises, à l'issue de sa tournée, son embonpoint aurait augmenté de 850 tonnes!

La longueur du parcours

Pour estimer la longueur du parcours, nous devons connaître la répartition des cheminées. Faute de la connaître exactement, il nous faut supposer une répartition uniforme sur une surface donnée. En tenant compte qu'aucune cheminée ne se trouve dans l'océan, et qu'il y a des pays et des continents que le Père Noël ne visite pas, nous pouvons estimer que la surface visitée est approximativement celle de l'Europe, de l'Amérique et de l'Australie, soit environ 61 millions de km². 85 millions de cheminées répartis sur 61 millions de km² cela nous donne environ 1.4 cheminées au km², et une distance moyenne de 850 m par foyer à visiter, soit un parcours d'une longueur totale de 72 millions de km. On comprend que le lendemain, le Père Noël se sente un peu fatigué.

La vitesse

Les 72 millions de km devant être parcourus dans le temps réglementaire de 31 heures, impliquent une vitesse moyenne de 645 km/s, et encore ce calcul suppose que le Père Noël consacre tout son temps à ses déplacements à l'inverse de ce que nous supposions pour son déplacement dans les cheminées. Dans l'hypothèse, plus raisonnable, où il consacre la moitié de son temps, soit 650 µs par foyer, à ses déplacements, et l'autre à s'introduire dans les cheminées et distribuer les jouets, la vitesse moyenne de déplacement serait de 1290 km/s soit Mach 3910! Or non seulement cette vitesse dépasse de loin la vitesse de libération, mais elle dépasse d'encore plus loin la vitesse ou les satellites se désintègrent en rentrant dans l'atmosphère. Encore n'avons nous pris en compte que la vitesse moyenne et pas la vitesse maximum! Autant dire que non seulement le passage de l'attelage produirait un monstrueux bang sonique, mais surtout le frottement atmosphérique ferait disparaître l'attelage en fumée!

L'énergie nécessaire

Dans le calcul précédent, nous n'avons tenu compte que de la vitesse moyenne. Or d'une maison à l'autre l'attelage démarre accélère, décélère et s'arrête. En supposant que, pour limiter les dégâts, le Père Noël impose à son attelage une accélération constante sur la moitié du parcours, suivi d'une décélération constante, nous trouvons que le traîneau, accélère sur 425 m, en 325 µs, et décélère dans le même temps sur la même distance. Ceci nous permet de calculer que l'accélération est de 8 milliards de m/s², ou 800 millions de g! De plus cette accélération s'inverse brutalement à mi-parcours. On comprend que même si le Père Noël était capable de résister, les jouets devraient être écrabouillés Quant à la vitesse maximum, elle atteint 2 615 km/s, soit Mach 7920. A une telle vitesse l'énergie cinétique des 300 000 tonnes de jouets est de l'ordre de 10^21 joules, et équivaut à l'énergie de 273 milliards de tonnes de TNT, soit 19 millions de bombes d'Hiroshima! Oui, vous avez bien lu. Ceci nous fait environ 15 milliards de bombes d'Hiroshima à la seconde. Le Père Noël serait-il un danger public?

L'hypothèse du réapprovisionnement

Plutôt que d'admettre que le Père Noël effectue sa distribution en une seule fois, on peut tenter l'hypothèse que, dès que son sac est vide, il se réapprovisionne en jouets à sa base du pole Nord. On supprime alors le problème du poids du traîneau et donc, du nombre de rennes Mais en admettant que le sac de jouets suffise pour 20 enfants, le malheureux Père Noël doit alors effectuer pas moins de 15 millions de réapprovisionnements. La distance à sa base variant beaucoup de la Norvège à l'Australie, comptons environ 15 000 km, aller et retour. Cela lui fait donc une distance de 225 milliards de km à parcourir en 31 heures, donc à une vitesse minimum de plus de 2 millions de km/s, soit plus que la vitesse de la lumière. L'hypothèse du réapprovisionnement est donc réfutée elle aussi.

Conclusion

Le Père Noël n'existe pas ou il est un miracle vivant. Qu'en pensez-vous?

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