Partenaires 12-18 de

Un jour, une adolescente membre d'un Comité 12-18 de la région a osé rêver faire une entrevue avec une artiste qu'elle chérissait bien! Depuis, à chaque année, deux à trois jeunes administrateurs par comité jeunesse sont élus ou nommés responsables des relations publiques. Une de leurs responsabilités consiste à préparer et à réaliser des entrevues avec des personnalités du monde artistique, sportif ou politique de leur choix! Celles-ci sont ensuite publiées dans l'hebdomadaire de la région. Nous sommes heureux de vous faire connaître ces jeunes talentueux et de vous présenter le résultat de leurs efforts. Volet #1...


Entrevue faite par Jonathan Dumas, Sylvain Breton et Sébastien Pomerleau
Est-ce que tu fais des rituels avant un spectacle ?
Oui j'en ai un avec les techniciens. On fait un genre de poignée de main avant chaque « show » puis je commence toujours dans le même ordre. Tous ceux qui travaillent sur le « show » doivent le faire. On le refait à l'entracte. J'en ai aussi un que je fais tout seul.
Qui était ton idole ?

Il y avait Coluche, un humoriste français, qui est décédé. Louis de Funès était aussi pour moi un bon comique français. Au Québec, c'est Yvon Deschamps. Tous les humoristes du Québec vont te dire lui, mais beaucoup plus Coluche et Funès pour moi.
Lequel de tes personnages est le plus difficile à jouer?
(Rires!) Le plus difficile à jouer c'est Précilla! Parce qu'il faut marcher avec des talons hauts et parler avec une voix plus féminine afin de rendre le personnage le plus crédible possible. Ce qui est le plus amusant avec ce personnage-là, c'est de faire oublier que c'est un gars qui l'interprète, mais dans le fond, tout le monde le sait. Parfois je sens que les gens pensent que c'est une fille et je trouve ça drôle! Il y a des personnages qui ne sont pas difficiles à jouer comme Râteau. Pour jouer Râteau, c'est de l'énergie que tu accumules puis que tu relâches : « gniaaaaaa gniaaaaaaaaaaaa toutoutoutou »(rires !). Il y a parfois l'infidèle qui est difficile parce que ça peut frustrer des gens. Il est très macho, mais, il faut assumer ! Il ne me ressemble pas, car il a parfois une petite cervelle ! Il faut vraiment que les gens comprennent que c'est le personnage qui joue et parle et non l'humoriste !
Quel personnage fait le plus rire l'auditoire?

Ça dépend aussi de l'âge du public. En ce moment, c'est Râteau pour l'énergie du personnage et aussi pour le « look ». Tu sais, Râteau n'a même pas besoin de parler. Il a juste à faire des « gniaaaaaaaaaaaa toutoutou » (rires!). Plus tu le fais, bien tu trouves des nouvelles affaires. Ça met aussi une pression pour le prochain numéro parce que tu ne peux pas toujours faire des « gniiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaa toutoutou »! Il faut qu'il ait quelque chose à dire.
Quelle est la pire connerie que tu as déjà faite ?
La pire connerie que j'ai faite ? Je suis encore quelqu'un qui aime ça faire des coups, m'amuser aux dépens des autres, mais rien de grave ! Il n'y a rien que j'ai fait et que je me suis dit : « j'aurais pas dû faire ça. » Je n'ai mis le feu nulle part, non je ne pense pas. Je n'ai pas vraiment fait de conneries. J'ai fait bien des coups. J'ai fait croire à quelqu'un que je m'étais fait casser le bras. L'année passée justement ici, le premier avril on était à Victoriaville. J'ai fait croire à celui qui bouclait les « shows » que je n'avais plus de voix, qu'il fallait tout annuler. On l'a niaisé pendant une demi-heure ! Il capotait ! Surtout qu'il venait d'annuler deux semaines de « shows » parce que j'avais perdu la voix. Il pensait aux appels pour annuler les « shows ». Après j'ai fait : « Quelle date on est, (PREMIER AVRIL), j'ai retrouvé ma voix ! » J'en ai fait des coups, mais rien de pendables.
Quel genre de musique écoutes-tu ?

« J'écoute beaucoup de musique québécoise, beaucoup de francophone, un petit peu d'anglophone. Justement hier, je suis allé m'acheter des disques compacts de Jim Corcoran, Jean-Pierre Ferland, Daniel Bélanger, la trame sonore d'Omerta et de Mortel combat. J'écoute un petit peu d'anglophone comme surtout Peter Gabriel et Métallica. Je vais d'un extrême à l'autre.
Étais-tu très tannant à l'école ?
Non jusqu'en secondaire 4 ! Au secondaire 5, j'ai commencé à me laisser aller un peu plus et à faire des coups comme rentrer des couleuvres dans les classes ! Là ce ne sont pas des trucs que je veux donner, mais ce sont des choses que j'ai faites. À partir du secondaire 5, je me suis rendu compte que je pouvais faire rire les gens dans ma classe. Je repérais alors vite ceux que je faisais rire. En fait, j'ai peut-être énervé un peu les professeurs vers la fin de session. J'ai pas de professeur qui dit que j'étais très tannant... sauf peut-être un !
Quelle est la chose dont tu es le plus fier ?

Au niveau professionnel, je vais te conter un événement qui est survenu dernièrement. Je participais à
De quoi t'inspires-tu pour tes personnages ?
Je m'inspire du quotidien, du monde que je rencontre, des choses qui me sont arrivées, des choses qui me dérangent. Il faut que ça me touche pour que je fasse un numéro là-dessus, pour que j'en fasse un personnage.
Quand as-tu voulu devenir humoriste ?

Quand j'étais jeune, j'écoutais la télévision et tout ce qui était humour, je voulais faire cela. J'ai manqué un peu de volonté, parce que ça a pris du temps et je me disais qu'eux autres, ils sont capables de faire rire le monde. J'écoutais beaucoup d'émissions jeunesse comme « Le pirate Maboule », « Sol et Gobelet » et toutes sortes d'affaires comme ça. Je me disais que ça c'était bon, que j'aimerais faire ça. Par la bande, j'ai découvert l'improvisation. Quand ça a commencé à Télé-Québec, j'ai été fasciné par ça. J'ai commencé à en faire au cégep et j'en ai fait à l'université. L'improvisation m'a ensuite emmené à faire un spectacle d'humour. Là je me suis rendu compte que moi aussi j'étais capable de faire rire le monde ! En même temps que j'avançais dans le domaine, j'assurais « mes arrières », en étudiant dans autres choses.
Si tu avais un vÅ“u à faire, ce serait lequel ?
Un vÅ“u à faire ? Je pense. je pense que ce serait de pouvoir continuer à m'amuser à faire ce que je fais le plus longtemps possible sans que ça devienne pas un travail. Je rêve de faire ce que je fais en santé avec le même plaisir que j'ai à le faire aujourd'hui.
Que penses-tu de la cigarette, du tabac ?

C'est un gros problème ! Il y a eu des périodes où j'étais accroché là-dessus. J'ai commencé à fumer quand je travaillais dans un bar. Je prenais une cigarette dans un "party", dans une soirée d'improvisation, je prenais une « pof » et pas de problèmes. Après un certain temps, c'était plus difficile. Quand le prix des paquets de cigarettes est monté à 7,00$, je travaillais comme serveur, je n'avais pas beaucoup d'argent et j'ai arrêté de fumer facilement. J'ai arrêté en faisant semblant de fumer. Après, j'ai rencontré ma blonde et elle fumait. Comme au début, dans les "partys" j'en prenais une, deux et j'ai recommencé. J'ai eu bien de la difficulté à décrocher de nouveau. J'ai arrêté pendant un an et j'ai recommencé quand on est allé en Chine pour l'adoption d'un enfant. Ma blonde fumait beaucoup, tout le monde fumait. Elle a « arrêté » en fumant des petits cigares « More ». Je fumais donc aussi des « More », après ça des cigares et ensuite, des gros cigares ! Je la respirais un peu et j'ai recommencé à fumer pour de bon ! Je n'étais pas content d'être arrêté un an et d'avoir recommencé ainsi.
Aujourd'hui, ça fait 5 ans et demi que je ne fume plus et je n'avais pas le choix d'arrêter. J'ai perdu la voix 2 semaines de temps et mon travail, c'est ma voix. Je suis allé visiter des spécialistes et ils m'ont dit que si je recommençais, je perdrais la voix. Aussi, j'ai une petite fille qui fait de l'asthme et je fumais dans la maison. Ma conjointe fumait et elle disait depuis longtemps qu'elle arrêterait. Quand je recommençais à fumer, c'était comme si je voulais rattraper le temps perdu, je fumais plus ! Je fumais un paquet par jour et pour moi, les trois quarts d'un paquet c'était beaucoup. Le matin, je me levais, je toussais, je crachais, je puais, mon linge puait. Aujourd'hui, je suis content de ne plus fumer pour bien des raisons : mon souffle est meilleur quand je fais du sport, je goûte plus quand je mange, etc. Je suis content de m'être débarrassé de cela. C'est un gros problème et je peux comprendre le monde qui est accroché et qui ne peut s'en passer.
Question Kino-Québec : Quelle est l'importance que tu donnes à l'activité physique ?

Une grosse importance ! J'aime bien ça. Je suis quelqu'un qui a toujours fait du sport. J'ai toujours fait des sports de groupe, d'équipe. Je joue encore au hockey quand je peux. Je joue encore au hockey, je suis un maniaque. Je jouais beaucoup à la balle molle et j'ai joué au base-ball longtemps dans des ligues. Quand j'étais rendu un petit peu vieux pour le base-ball, je suis allé à la balle molle. Il y a 2 ans, je jouais dans 3 ligues. Je n'avais pas d'enfant dans ce temps-là. Ma blonde ne me voyait pas souvent. J'ai alors mis ça de côté un petit peu. J'ai gardé 2 ligues et après ça, je jouais au golf. Je suis un maniaque du golf. Je suis toujours sur un terrain de golf ! Par contre, le golf et la balle, ça ne va pas ensemble. Ce sont 2 « swing » qui sont très différentes. La balle commençait à nuire à mon golf, alors j'ai décidé de ne plus jouer à la balle. Je fais juste jouer au golf et l'hiver, de temps en temps, je vais m'entraîner dans un « gym ». Pas souvent, parce que je trouve ça abrutissant, j'aime pas ça les machines ! J'aime mieux faire des affaires en équipe. Il faut qu'il y ait un but. Soit compter un but, mettre une balle dans un trou, etc. Du vélo, je vais en faire avec la famille dehors. Je m'entraînais 2 à 3 fois par semaine avec un entraîneur privé. Je me suis blessé alors je ne peux plus. Il faut que j'attende que ça guérisse avant de recommencer. Ce n'est pas juste bon pour le physique. C'est bon de le faire, de faire autre chose, de décrocher, de t'aérer le cerveau. C'est bien !
As-tu un message pour les jeunes ?

J'en n'ai pas! (rires!) Dans la vie, il faut se fixer un but, avoir des intérêts, se trouver des activités avec ses amis dans l'art, le sport, etc., n'importe quoi, mais il faut se trouver un but précis. Moi je pense que chaque jeune à un rêve et il faut essayer de le réaliser, car il n'y en a pas d'irréalisables. Ça peut prendre du temps, mais ça finit toujours par se réaliser. Il ne faut pas arrêter même s'il y a des obstacles. Ces obstacles, il faut les franchir. Il y a une phrase que quelqu'un m'a dite : « Essaye d'enlever les « j'aurais donc dû ». Si tu fais ça, tu vas avoir une vie heureuse. Ça peut se résumer à cela : « Nourrissez vos rêves et n'abandonnez jamais »!
(NDLR : Vous seriez surpris si on vous disait que cette entrevue a été réalisée en 2002! Hé bien, on vous le dira pas. Mais ça l'air tellement dans le présent qu'on s'y tromperait. Bravo Jonathan, Sylvain et Sébastien).
grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.





