Banniere Section

par Michel Tassé du Journal La Voix de l'Est

L'artiste lors de son passage à l'école secondaire Sacré-Coeur de Granby

Si vous avez un ado à la maison, il y a de bonnes chances qu'il soit un fan de Mélanie Delorme, animatrice de la populaire émission Banzaï, présentée à Télé-Québec. Et si vous n'avez pas d'ado à la maison, vous avez assurément vu ce sympathique bout de femme dans les publicités de Rogers sans-fil. 

De passage à l'école secondaire Sacré-Coeur de Granby, la comédienne a parlé récemment de rêve et de passion. Mais elle leur a aussi parlé des échecs qu'elle a subis et des côtés moins roses de son métier. Bref, elle leur a aussi parlé de la vraie vie. Et sa vision par rapport à son travail est également très réaliste. Non, elle n'a pas tenté d'en mettre plein la vue aux kids.

«J'aime mon métier, j'aime ce que je fais, mais je sais aussi qu'il y a un tas de gens qui font des choses pas mal plus importantes que moi dans la vie», a-t-elle dit.

«Vous savez, je ne sauve pas de vie, je ne suis pas médecin mais, parce qu'on me voit à la télé, c'est à moi qu'on pose les questions lors des rencontres sociales et c'est moi qu'on invite dans les écoles. C'est fou, dans le fond».

Le doute

Même si on lui en donnerait 10 de moins, Mélanie Delorme aura 30 ans au printemps. Et elle est fière de dire qu'elle traverse une très belle période sur le plan professionnel. Car lorsqu'on a rêvé de faire ce métier depuis toujours, le simple fait d'être capable d'en vivre est une belle victoire.

«Non, ça n'a pas toujours été facile, explique-t-elle. Quand j'ai été refusée dans toutes les écoles de

Toute l'équipe de l'émission Banzai

théâtre après le secondaire, j'ai trouvé ça très dur. Et quand j'ai été renvoyée de l'option théâtre du cégep de Sainte-Thérèse (on disait qu'elle n'avait pas assez de talent), quelques années plus tard, ça a été pire. J'ai souvent été mise dans des situations qui m'ont amenée à douter de moi, qui m'ont amenée à me poser de grosses questions. Mais je n'ai pas lâché parce que c'est ça que je voulais faire.»

Puis, alors qu'elle travaillait à la billetterie d'une salle de spectacle, elle a passé une audition qui allait changer bien des choses. C'était une audition pour animer Banzaï.

«J'étais tellement contente quand on m'a dit que ça fonctionnait. J'étais contente, j'étais énervée, j'étais survoltée. Enfin, ça marchait, ça marchait pour vrai!»

Oui, les jeunes aiment Banzaï et le milieu a aussi reconnu le mérite des quatre animateurs les autres étant Patrice Bélanger, David-Alexandre Després et Marie-Hélène Jodoin. Ainsi, la joyeuse bande a mérité trois prix Gémeaux depuis le début de l'émission, il y a quatre ans.

Photo : Marc Dussault


«C'est toujours le fun de sentir que notre travail est apprécié. Mais les plus beaux témoignages, ce sont ceux des jeunes. C'est vraiment là que ça se passe.»

Et c'est fort probablement parce que tous les jeunes rêvent de l'avoir comme meilleure amie qu'elle se retrouve dans la peau d'un des membres de «l'escouade urbaine» de Rogers sans-fil dans les publicités. Car il faut le dire, ce sont les jeunes qui sont visés par cette campagne de pub.

«Quand on est comédien, on hésite toujours, pour des questions de principes, à faire de la publicité. Mais il y a quelques années, j'ai décidé de passer des auditions pour certains produits. Aujourd'hui, je suis contente parce que cette campagne est une des mieux faites, sinon la mieux faite, sur le marché. Mais sincèrement, je n'annoncerais pas des trucs qui, par exemple, peuvent avoir une influence négative sur la santé des gens.»

Un bel équilibre

Lors du dernier gala des prix gémeaux

Mélanie Delorme a aussi parlé de Blanche, sa fille d'un an, qui est au centre de son univers et pour laquelle elle n'hésiterait pas à abandonner son métier demain matin si c'était nécessaire. Elle a aussi parlé de son amoureux (qui est aussi comédien), de sa famille et de sa vie à Granby, qu'elle a quitté après le secondaire.

«Le métier, c'est beau mais, la famille, c'est encore plus important, dit-elle. Mes parents m'ont inculqué de belles valeurs et, en plus, ma soeur aînée vit avec la paralysie cérébrale. Il y a des affaires dans la vie qui te forcent à mettre tes priorités aux bons endroits.»

Et c'est peut-être pour ça qu'elle n'est pas convaincue qu'elle va être comédienne ou animatrice toute sa vie.

«Des fois, je me dis que je pourrais être utile à la société autrement. D'accord, je suis comédienne, mais je ne suis pas la meilleure et il y en a d'autres qui attendent pour travailler. Et parce ce que j'ai un côté très pédagogue, je rêve parfois d'être enseignante au primaire, de travailler directement avec
les jeunes. Honnêtement, je n'ai aucune difficulté à m'imaginer faire complètement autre chose dans cinq ou 10 ans.»

En attendant, elle rêve de cinéma ou d'un beau rôle dans une télé-série. Elle a adoré son expérience dans Les Invincibles, l'automne dernier, alors qu'elle jouait le rôle de la soeur de Lyne-la-pas-fine, interprétée par Catherine Trudeau.

«On ne sait jamais vraiment ce qui nous attend dans ce milieu. À l'heure où on se parle, je ne sais même pas si Banzaï sera de retour la saison prochaine. Si ça ne revient pas, peut-être bien que je retomberai enceinte.»

La vraie vie, qu'on vous disait...
 

Recherche et webédition : Virginie Poirier



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