
L'une des principales attractions du premier salon de l'environnement qui a eu lieu au Vieux Port de Montréal du 1er au 4 juin dernier fut ces trois véhicules fonctionnant à l'énergie solaire qui ressemblaient un peu à des planches de surf géantes équipées de roues et surplombées d'un tout petit habitacle. De chaque coté, il y a une «tige à pousser tirer» pour la direction.
Les véhicules sont des conceptions de trois universités montréalaises : McGill, École de Technologie Supérieure (ÉTS) et École Polytechnique. Comme ce sont des prototypes, leur coût de fabrication est très élevé : environ 100 000$ selon Robin Dubé de l'École Polytechnique.
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iSun, la voiture de l'université McGill. |
La voiture solaire de l'université McGill se nomme iSun et elle est recouverte de 452 cellules solaires qui vont capter l'énergie qui est emmagasinée dans 25 accumulateurs aux ions de lithium, ce qui peut permettre à la voiture de rouler la nuit sur une distance de 250 Km. Selon Phil Weicker, qui est en charge des systèmes électriques de la voiture, la batterie aux ions de lithium représente un danger potentiel car elle emmagasine une énorme quantité d'énergie. Libérée d'un seul coup, cette énergie aurait l'impact d'une bombe. Elle peut rouler à environ 120 Km/h. Toute une vitesse pour une voiture qui fonctionne avec l'énergie d'un séchoir à cheveux (1 200 Watts). Le principal commanditaire de l'équipe est ICP (Innovative Consumer Products), qui a fait don des cellules solaires qui alimentent la voiture.
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Éclipse, le véhicule de l'École de Technologie Supérieure. |
Éclipse est le véhicule de l'ÉTS c'est le sixième prototype réalisé. Éclipse peut atteindre une vitesse de pointe de 140 Km/h mais la vitesse de croisière est de 70 à 90 Km.
Esteban, un prénom qui signifie enfant du soleil c'est aussi celui de la voiture solaire de l'École Polytechnique. Les panneaux solaires sont composés de 740 cellules solaires monocrystalines pour une puissance de 1 500 Watts.
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Esteban III, le prototype de l'École Polytechnique. |
L'ÉTS et l'École Polytechnique financent partiellement leurs voitures solaires en offrant au public la possibilité d'acheter une cellule photovoltaïque (solaire) et ainsi retrouver leurs noms sur leurs sites Web parmi la liste des donateurs.
Le grand rêve de chaque équipe est de participer à une course de voitures solaires. Il y a le Formula Sun Grand Prix qui a lieu en mai à Topeka au Kansas et en ensuite au Texas en juillet. Participer à cette compétition permet de se qualifier pour le North America Solar Challenge (NASC) une course de 2 500 milles entre Austin, Texas et Calgary, Alberta. L'épreuve a lieu aux deux ans. C'est l'équipe de l'université du Michigan qui a remporté la course l'an dernier suivie par la voiture de l'université du Minnesota. Le Massachusetts Institute of Technology a terminé troisième.
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La voiture solaire n'offre pas beaucoup d'espace au conducteur qui doit utiliser des manettes latérales au lieu d'un volant pour la diriger. |
Esteban III de l'École Polytechnique passé la première étape des qualifications pour le NASC 2005 mais l'équipe a décidé de ne pas faire la course pour des raisons de sécurité. «La compétition se déroule sur la grand-route, parmi les voitures et les camions ordinaires, indique Hugo Careau. Une fois sur place, nous ne nous sommes pas sentis suffisamment prêts... Nous avons préféré ne pas risquer la vie de nos pilotes.»
Selon Will Sacks, le « grand argentier » de l'équipe iSun, une saison de courses exige un budget d'environ 270 000 dollars.
Depuis 1987, le World Solar Challenge, la plus prestigieuse course de voitures solaires, se déroule tous les deux ans en Australie. Le départ se fait de Darwin au nord de l'Australie. La course se termine 3010 Km plus loin à Adélaïde au sud du pays. Le dernier World Solar Challenge a été remporté pour la troisième année consécutive par l'équipe de Belgique et des Pays-Bas avec le véhicule Nuna 3 qui a parcouru 3 021 Km en 29 heures 11 minutes. En utilisant la technologie développée par l'agence spatiale européenne, la voiture solaire néerlandaise Nuna II avait remporté le World Solar Challenge en 2003 avec une vitesse moyenne de 97,2 Km/h sur les 3010 Km. Partie de Darwin dimanche 19 octobre, Nuna II a franchi la ligne d'arrivée à Adélaïde mercredi 22 octobre en un temps record de 30 heures 54 minutes, battant le précédent record de 32 heures 39 minutes établi en 2001 par son prédécesseur néerlandais Nuna I.

Ce n'est pas pour demain qu'on verra ces véhicules sur nos routes mais il serait intéressant de voir une compétition sur le circuit Gilles Villeneuve, une alternative qui saurait être moins bruyante, moins polluante et tout aussi passionnante que le Grand Prix.
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Recherche, texte, photos et webédition: Martin Boisvert
grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.















