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Si Nice a son Brice, Montréal possède elle aussi ses surfers.

 « On n'a pas l'océan, on se débrouille avec ce que l'on a! », fait valoir Éric Chrétien, avant de s'apprêter à se mettre à l'eau... dans le Saint-Laurent.

Le surf de rivière est une discipline qui gagne de plus en plus en popularité au Québec. « [Il y a quatre ans], on était trois adeptes à venir ici. Maintenant, on est 200 », constate Jean-Louis Saint-­Arneault en parlant d'un site situé en arrière d'Habitat 67.  

À cet endroit, le fleuve présente une particularité, puisque le courant forme une vague statique. « Il y a un palier de roches, comme une marche, ce qui crée la vague », explique Éric.  

Avec un matériel similaire à celui utilisé pour le surf traditionnel, les sensations et l'approche ne sont pourtant pas les mêmes, comme l'expliquent les deux compères. « Dans l'océan, tu attends la vague. Ici, tu dois l'attaquer », réagit Éric. 

« Le surf est plus long et on peut rester plus longtemps sur la vague, mais on ne sent pas le vent sur le visage et on n'a pas la sensation d'avancer, c'est l'eau qui passe », confie quant à lui Jean-Louis.  

Hier en milieu de journée, une dizaine de surfers se relayaient sur la vague avec plus ou moins de succès. Certains dégageaient une impression de facilité et enchaînaient les figures, alors que des débutants avaient du mal à attraper la vague.  

« C'est la place la plus safe », fait valoir Jean-Louis en conseillant tout de même à ceux qui veulent com­mencer à prendre des cours, étant lui-même professeur. « Il y a aussi les rapides de Lachine ou à Chambly, mais ce n'est pas conseillé sans un guide » à cause des rochers, explique Éric. « C'est à nos propres risques, on se surveille entre nous autres », poursuit le surfer, qui vient s'exercer tous les jours en cette période.   

L'accessibilité est un autre avantage du surf de rivière. « Il y en a qui viennent sur leur heure de dîner. Même à cinq heures du matin, c'est garanti qu'il y en a qui seront là», assure Jean-Louis. Si la période estivale est la plus propice, les deux surfers s'entraînent sur le Saint-Laurent presque toute l'année. « Mon moment préféré, c'est à la fonte des glaces. Tu peux curver entre les morceaux d'icebergs et en plus, il n'y a personne », confie Jean-Louis.

 

 

 

Texte de Amar Nafa tiré de l'édition du 20 juillet 2006 du Journal Métro.

 

 

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