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| Photo : Jean-Guy Ladouceur |
Présent à la journée d'échanges et de réflexion, Daniel Scott, responsable de l'organisme Le Vaisseau d'or, en avait long à dire, notamment au sujet de la médicalisation auprès des jeunes (12-17 ans).
«Cette journée montre la pointe de l'iceberg. Il n'est pas question de partir à la chasse aux sorcières, mais le constat est là. Les jeunes prennent trop de médicaments, et trop jeunes. Il y a d'autres solutions», lance Daniel Scott.
Pour lui, cette rencontre est un bon début, mais il ne faut pas en rester là. «On est rendu que l'on médicalise les problèmes de la vie. Il y a une pilule pour chaque situation. Ce n'est pas pour rien que les plus grosses compagnies au monde, toutes catégories confondues, sont des compagnies pharmaceutiques», ajoute Daniel Scott.
Du Ritalin pour tout le monde
Selon lui, c'est la coutume de demander aux parents de faire prescrire du Ritalin à leur enfant «hyperactif». Il arrive même qu'un parent ressorte de chez le médecin avec la même prescription que son fils, qui est son miroir ! «Plus il y a d'enfants sur le Ritalin dans une école, plus les sommes versées par la commission scolaire sont élevées. Les écoles sont donc intéressées à avoir plusieurs «Ritaliniens» en inventaire en début d'année. Pourtant, quelques mois après le début des classes, certains de ces élèves sont renvoyés», soutient le fondateur du Diapason.
Des diagnostics «à la mode du jour»
Aujourd'hui il faut environ 15 minutes à un médecin pour poser un diagnostic alors qu'il n'y a pas si longtemps, il passait plusieurs heures avec un patient avant de se prononcer. Un pédopsychiatre retraité avouait n'avoir vu qu'un seul cas véritable du Syndrome de Gilles de la Tourette en 40 ans de pratique. L'étude du regroupement ajoute: «Comment ne pas se questionner sur le fait qu'actuellement il y en ait plus de 200 dans la seule région de Lanaudière!» «Dans le DSM (livre de diagnostics) il y avait autrefois 22 diagnostics possibles. Aujourd'hui, il y en a 395. Le médecin regarde son petit livre (gros comme un livre de poche), plutôt que ses volumes de médecine, c'est plus court, et, selon les symptômes, émet son diagnostic. On peut souvent douter de la précision d'un tel énoncé», poursuit Scott.
À la suite de la journée de réflexion, Daniel Scott constate que le problème est criant et que les nouveaux intervenants sont mal préparés devant cette réalité de la surmédicalisation des jeunes. «C'est la première fois que tous ces intervenants auprès de la jeunesse et ceux de la santé mentale se rencontrent. C'est un bon début. Il va y avoir une suite, il le faut», conclut Daniel Scott.
Celui-ci ajoute encore qu'il apparaît urgent qu'une formation soit offerte aux intervenants auprès des jeunes afin de leur permettre de mieux réagir et d'être plus efficaces.
Un gros merci à l'auteur Jean-Guy Ladouceur pour son texte !
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Ce texte est tiré du journal |
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Recherche et webédition : Virginie Poirier