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« Posez la question, c’est y répondre » répète le dicton. Pour ma part, cela n’a pas été évident car s’il y a un domaine que je trouve complexe et confus, c’est bien celui là. Elle est pleine d’abstractions et offre peu de concret ou de palpable pour ma vie quotidienne. Tiens le fonctionnement de mon cellulaire ou d’une voiture, ça c’est utile, c’est pratique. Je m’en sers régulièrement. Pour le portable, c’est à tous les quarts d’heure : téléphone, Mp3, Web et photos obligent. Les théories qui ont contribué à leur fabrication : bof! moi, je m’en balance. Même chose pour la pensée occidentale ou orientale. Malgré cela,  au Cégep St-Laurent, les cours de philosophie sont obligatoires. Au lieu de chialer, j’ai décidé de me promener sur Internet pour voir ce qu’on en dit.

 

Historique de 179 mots.

 

C’est au VIIème siècle av. JC en Grèce que la philosophie, littéralement « l'amour de la sagesse », fait son apparition. On dit que c’était la première fois dans l’histoire de la pensée, que l’esprit de l’être humain a renoncé à la mythologie pour expliquer le monde et la vie. Cela a débuté avec un certain Thalès, lequel a été suivi par les Socrate, Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Rousseau,  Kant, Nietzsche et Sartre, pour ne nommer que les plus connus.

 

De manière générale, on définit la philo comme une forme de réflexion pour analyser et interpréter le monde, l'existence humaine et ses activités. Cette réflexion s'exprime par des pensées, des théories (explications sérieuses) ou par des conceptions générales sur l'homme, le monde et l'être en général. Elle implique également une réflexion critique sur le sujet concerné. On parle alors de logique, d'éthique, de métaphysique, de philosophie politique et de théorie de la connaissance. Plus tard, elle s’appliquera à des domaines plus tangibles : philosophie des sciences, philosophie de l'esprit, l'anthropologie philosophique, philosophie du droit, philosophie du langage et même philosophie de l’entreprise.

 

Le Devoir de philo

 

Mais à quoi sert la philosophie, dans un monde qui mise sur la science, la technique et l'économie, où l'éthique ne trouve plus que difficilement sa place ? « La philosophie nous permet de mieux comprendre le monde actuel » : tel est un des arguments les plus souvent évoqués par les professeurs de philo pour justifier l'enseignement de leur matière au collégial lit-on dans « Le Devoir de philo » du quotidien Le Devoir. Celui-ci leur a lancé tout un défi cette année en les invitant à expliquer une question d'actualité à partir des thèses d'un grand penseur enseigné au collégial. Toutes les deux semaines, il publie donc « Le Devoir de philo » d'un professeur, invitant ses étudiants à l'évaluer (Chapeau Le Devoir!). 

 


Voici quelques-uns des sujets d’actualités qui ont été décryptés :

Huxley et notre société hypersexualisée

Kant et le projet inachevé de l'ONU

Habermas et la classe de Madame Lise

Loft Story et Tout le monde en parle, ou la bullshit selon Frankfurt 

Tocqueville voterait-il Bush ?

Comenius contre la réforme de l’éducation

Platon, les Simpson et la démocratie

Wittgenstein contre l'enseignement de la philo au cégep

 Justement Wittgenstein…

 

L’auteur de ce texte, François Normand, rejette l’enseignement de la philosophie au cégep en prenant appui sur la pensée du philosophe autrichien Ludwig Josef Johann Wittgenstein. Pour lui (le premier), la question d'inscrire ou non la philosophie au programme collégial provoque périodiquement un débat au Québec. À l'unanimité ou presque, on invoquera alors la «nécessité de philosopher», de «démocratiser la réflexion». Sur le sujet, une foule d'articles disent tous la même chose, ramènent toujours les mêmes prétentions : une certaine autosuffisance de la philosophie, son supposé caractère «nécessaire» pour l'équilibre culturel et métaphysique d'une personne, sa transparence, sa prétendue supériorité sur tout le reste.


Pour l’empêcheur de tourner en rond de la philo, Wittgenstein serait contre l’enseignement de la philosophie au Cegep. Il en ferait une bataille contre l'ensorcellement de l'esprit par le langage. Pour lui (le deuxième), ce n'est pas la vie qui est mystérieuse, ce ne sont pas les problèmes qui sont profonds, c'est notre façon d'en parler qui les crée ainsi et la philosophie, j’ai cru comprendre, ne fait que les réciter comme on le fait d’un poème. Elle ne conduit pas à l’action. Qu’est-ce qui est mieux pour la mouche qui est prise dans une bouteille : philosopher sur son sort ou apprendre à en sortir? Poser la question est-il y répondre vraiment.

 

 Philo « full cool » 


Depuis quelques années, trois écoles de la Rive-Sud enseignent la philosophie aux enfants pour prévenir la violence. Ce projet-pilote est mené par La Traversée, un centre d’aide aux victimes d’agressions sexuelles. L’équipe d’Enjeux, une émission de Radio-Canada, est allée constater les bienfaits de la philosophie, notamment à l’école Jean-De Lalande, où l'on enseigne cette matière dans toutes les classes, de la maternelle à la sixième année. Élèves et enseignants témoignent des répercussions positives du projet sur le climat de l’école.


Les discussions philosophiques se font à partir de courts romans, lus en classe. Les élèves proposent eux-mêmes les questions qu’ils ont envie d’explorer. Les enfants apprennent à réfléchir, à aiguiser leur jugement critique, à exprimer leur opinion, à écouter celles des autres, à accepter d’être remis en question. Ils deviennent ainsi plus confiants… et plus tolérants. Par exemple, un enfant de cinquième année raconte qu’il se bat moins depuis qu’il fait de la philosophie. Il a maintenant le réflexe de discuter, plutôt que de frapper l’autre.


Cette initiative s’inspire d’une approche développée aux États-Unis depuis 30 ans. Elle bouleverse les idées reçues voulant que les enfants soient trop petits pour comprendre, et mise au contraire sur leur capacité à jouer avec les concepts. Plusieurs pays, dont la France et le Brésil, et des États américains ont intégré la philosophie à leur programme primaire. En Ontario, cette matière est devenue obligatoire au secondaire. Mais au Québec, la philo est absente des programmes primaire et secondaire.


Il est trop tôt pour dire si le projet a atteint son objectif d’aider les enfants à faire face à la violence. Mais de toute évidence, cette initiative a déjà une influence positive sur la vie des enfants que l’équipe d’Enjeux a rencontrés (Source : cette portion du dossier vient de l’article sur le site d’Enjeux).

 

Power Corporation

 

Après un tel reportage, bien difficile de critiquer l’utilité de la philosophie. En tout cas, il semble y avoir plus de monde « qui sont pour que contre ». Du moins ceux « qui sont pour » expriment mieux ou plus leurs convictions comme c’est le cas avec La Nouvelle Alliance pour la Philosophie au Collège (NAPAC). Un de leurs arguments que je trouve particulièrement intéressant « que l’enseignement philosophique favorise l’ouverture d’esprit, la responsabilité civique, la compréhension et la tolérance entre les individus et entre les groupes ». Là, c’est un peu plus concret pour moi.

 

Que pensez maintenant du don de 1 M$ que la Société Power Corporation du Canada (PWC) a annoncé le 20 avril 2005 à la Faculté de philosophie de l’Université Laval?  Paul Desmarais jr, président du conseil d’administration, a indiqué que la philosophie est un pilier indispensable de notre société, un incontournable outil de compréhension et d’évolution de la nature humaine et c’était dans la mission sociale de l’entreprise de soutenir ce genre d’initiative. À une époque où plusieurs se questionnent sur la pertinence de la philosophie dans les écoles et dans les Cegeps, ce don de PWC constitue un appui sérieux.

 

À quoi ça sert ?

 

Dans un article du Journal Le Monde, intitulé « A quoi sert l'épreuve de philo ? », Alain Liégeon, 43 ans, l'un des professeurs de philo du lycée Rodin (France), souligne qu’à court terme, ça ne sert à rien, c'est comme l'art. Mais sur le long terme, son utilité est évidente, car la philo est un socle de la culture générale. Pour lui, la culture générale permet aux jeunes de mieux s'installer dans la vie professionnelle. Il prend pour exemple les concours d'entrée dans le service public (l’exemple vaut pour le Québec) : « À compétence égale, la différence entre deux candidats se fera sur leur degré d'ouverture au monde, et pour ça, la philo est irremplaçable. C'est pareil à tous les niveaux : avant d'être enseignant, j'ai travaillé avec des chômeurs de longue durée. Là aussi, dans un entretien d'embauche, à qualification égale, on choisira celui qui est le plus capable de se situer lui-même par rapport au monde. »


M. Liégeon tient à ce que la philosophie reste une matière obligatoire en terminale : « C'est le seul moment où elle s'adresse à tout le monde. D'ailleurs, ce n'est pas une discipline plus littéraire que scientifique. » Par-dessus tout, il est convaincu qu'il est inutile d'enseigner aux lycéens l'histoire de la philosophie : « Cela ne doit pas être un enseignement de connaissances à accumuler, mais au contraire une façon d'apprendre à mieux argumenter, quel que soit le sujet. Si le fait de savoir bien présenter ses arguments sert à quelque chose dans la vie, alors la philo sert à quelque chose. » (Source : Yves Eudes et Martine Laronche, Le Monde, 14 Juin 2006.)

 

Mon devoir

 

Je comprends que la philosophie est une méthode pour aider à penser par soi-même. Jusqu’ici, on ne m’a montré uniquement comment analyser un texte. Évidemment, je suis conscient que les textes des grands auteurs ne sont utilisés que comme des prétextes pour favoriser la réflexion, et non comme des œuvres dignes d'être étudiées en tant que telles. Mais cet objectif ne pourrait-il pas être atteint via le cours de français, par exemple? De plus, je peux philosopher sans avoir un cours. À l’instar de Luc Ferry (professeur d'université, ancien ministre de l'éducation nationale en France, de 2002 à 2004, et auteur d'une vingtaine d'ouvrages philosophiques), ne pourrait-on pas la remplacer par l'histoire des idées?

 

Après cette recherche, je ne suis plus certain. Je vous avoue que je suis un peu mélangé. Tous ces arguments, présentés dans ce dossier, ont du bon. En tout cas, j’en ai appris des choses dans ce reportage. Le but de la philosophie n’est-il pas d’avoir une réponse que l’on trouve par soi-même? Maintenant, devrais-je le présenter à mon prof de philo? 

Recherche : Hussain Mohammed Ali
Rédaction : L'équipe
Webédition : Hussain Mohammed Ali


1ère partie,    2e partie

Le bonheur vu par les philosophes.



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