Si le mot « vierge » a une connotation positive lorsqu’il suit les mots « dossier » et « casier », il en va tout autrement lorsqu’il qualifie le mot « fibre » dans un contexte textile. En effet, les fibres qui composent vos papiers jetables (papiers-mouchoirs, papier hygiénique, essuie-tout, serviettes de table, etc.) ou encore votre papier d’impression peuvent être soit vierges (on dira aussi non-recyclées), soit recyclées, ou encore un mélange des deux.Le cas des fibres vierges
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Dans le même ordre d’idées, plusieurs sont convaincus que la coupe à blanc n’est plus pratique courante. A priori, il est vrai que le terme n’est plus vraiment d’usage et qu’il serait légitime de croire que cette pratique dévastatrice est désuète. En réalité, les choses se présentent sous un autre angle, si la terminologie a été modifiée pour désigner ce type de coupe, sur le terrain, rien n’a changé. En fait, selon l’« Initiative aux arbres citoyens! » (qui regroupe entre autres des organismes telles la WWF, laSNAP, le Réseau québécois des groupes écologistes et Nature Québec), 90 % des coupes forestières au Québec sont à blanc. Par contre, l’industrie forestière utilise l’expression « coupes de protection de la régénération et des sols » (CPRS) pour définir les pratiques qu’elle emploie. Pourtant, bien que celle-ci soutienne qu’il ne s’agit pas de coupes à blanc, les CPRS ne sont nul autre que des coupes à blanc traditionnelles où on coupe tous les arbres ayant une valeur commerciale, mais en faisant attention au chemin emprunté par les machines afin de minimiser l’impact ravageur sur le terrain imputable au passage de la machinerie lourde.
Actuellement, GREENPEACE, un groupe écologiste ayant acquis une certaine notoriété, poursuit une vaste campagne internationale de sensibilisation pour dénoncer les pratiques commerciales de Kimberly-Clark, la plus grosse multinationale dans le domaine des pâtes et papiers au monde. En effet, l’entreprise texane inclut très peu de fibres recyclées pour la fabrication de ses produits ; certains sont tout simplement dépourvus de matières recyclées. De surcroît, la compagnie s’approvisionne en bonne partie en rasant la forêt boréale canadienne, d’autant plus qu’elle utilise des agents de blanchiment à base de chlore, très corrosifs et polluants pour l’environnement. « Kleenex », mot utilisé à tort comme synonyme de « mouchoir », est en fait l’une des principales marques appartenant à Kimberly-Clark. Cette dernière incorpore un pourcentage nul de matières recyclées dans ses papiers et le comble, c’est qu’elle se vante de cette pratique sur son site Internet : « Les mouchoirs KLEENEX sont entièrement faits à partir de fibres vierges. Ils ne contiennent aucune fibre recyclée. Nous utilisons des fibres vierges parce qu’elles procurent une douceur supérieure et c’est ce que les consommateurs recherchent quand ils choisissent des mouchoirs de première qualité. »
Précisons, bien sûr, que cet argument est tout à fait mensonger, puisque la différence avec un mouchoir de fibres recyclées, pour reprendre le même exemple, reste imperceptible au toucher et ne vise donc qu’à induire le consommateur en erreur. Parmi les nombreuses autres marques appartenant à Kimberly-Clark, on retrouve également Scott, Cottonelle, Huggies, Pull-Ups et GoodNites.
Par ailleurs, il faut user de prudence lorsqu’on aperçoit un ruban de Möbius sur un produit. De prime abord, il existe deux versions de ce symbole international pour le recyclage. La version du ruban noir sur un fond blanc signifie que le produit est recyclable là où les installations existent, tandis qu’un ruban blanc sur fond noir indique que le produit est fait de matières recyclées. Dans ce dernier cas, vérifiez à quoi réfère le symbole, car dans bien des cas, celui-ci désigne seulement l’emballage tel la boîte de carton des papiers-mouchoirs, ou encore le rouleau central du papier hygiénique ou d’essuie-tout.
Finalement, si un produit contient des fibres vierges, il existe une certification internationale pour les compagnies forestières qui gèrent la forêt de manière durable. Celle-ci est accordée par le Forest Stewardship Council (FSC) et constitue la seule garantie que des produits forestiers proviennent de coupes écologiques. À cet égard, le FSC s’assure que les forêts sont gérées de manière durable et responsable afin de conserver l’habitat des espèces en péril et aussi pour préserver l’état des cours d’eau. Le cas des fibres recyclées
Tout d’abord, il importe de distinguer deux types de fibres recyclées : préconsommation et postconsommation. Dans le premier cas, les fibres ne sont jamais passées entre les mains de l’utilisateur final. Elles sont souvent le résultat de surplus ou d’erreurs de production survenues dans les usines. Dans le second cas, les fibres sont issues du papier que nous recyclons quotidiennement. Le papier postconsommation devrait, de préférence, être priorisé.
Si le coût du papier recyclé postconsommation reste quelque peu plus élevé que le papier non recyclé, cela découle du fait que les papiers postconsommation domestiques restent encore peu commercialisés. Or, au fur et à mesure que la demande et les ventes augmenteront, son prix diminuera. De plus, c’est oublier que le prix des produits provenant de fibres vierges n’inclut pas les coûts inhérents aux impacts négatifs de la destruction de forêts anciennes, ce qu’on appelle les « externalités » dans le jargon économique. Bref, si vous voulez vous donner bonne conscience, les quelques sous pour passer à un papier écologique devraient vous paraître insignifiants.
Dans l’hypothèse que vous soyez décidés à vous convertir au papier recyclé, sachez que le Groupe Cascades, une entreprise québécoise, offre tous les types courants de papier. Elle a de très bonnes pratiques en matière d’environnement et, d’ailleurs, tous ses produits, du fait qu’ils sont fabriqués en partie de fibres postconsommation (la plupart le sont à 100 %) et non blanchis au chlore, figurent sur la liste verte du « Guide d’achat pour les papiers jetables », publiée par GREENPEACE (disponible au www.greenpeace.org/canada/fr). Par contre, seules les pharmacies Jean Coutu offrent la gamme complète des produits Cascades, tandis que les épiceries IGA en tiennent quelques uns sur leurs tablettes.
grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.






