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Raymond Viger, intervenant jeunesse, homme de crise

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Raymond Viger travaille auprès des jeunes de la rue à Montréal et dans ses banlieues depuis 1992. Pendant cinq ans, il les rencontre d’abord dans les rues et les parcs, et ce n’est qu’en 1997 que le Café-Graffiti voit le jour, afin de leur offrir un milieu de vie. L’organisme qu’il dirige, fondé en 1992, se nomme le Journal de la Rue, un «organisme communautaire d’intervention et de prévention». C’est aussi le nom d’un magazine, fondé la même année, dont il est le rédacteur en chef. Par la suite, cette publication bimestrielle change son nom pour celui de Reflet de Société, qui représente mieux sa mission, celle d’être «un magazine d’information et de sensibilisation» où le lecteur peut prendre part «à une réflexion sociale, à un débat de société». Le nombre de lecteurs est estimé à plus de 440 000. En plus d'aider les jeunes à s'exprimer et à trouver leur place dans la communauté, Raymond possède une solide expérience en intervention de crise auprès des jeunes suicidaires. Marie-Claude Marsolais a rencontré ce personnage, un vrai ami des jeunes.

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Homme en crise
 
Homme aux trente-six métiers, Raymond Viger a d’abord été scientifique, pour ensuite être instructeur d’aviation, avant de devenir travailleur de rue. Raymond est aussi et surtout un auteur doté d’une plume sensible et rassurante. Son itinéraire professionnel inusité est le résultat d’un cheminement personnel parsemé de rudes épreuves. En écrivant L’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire, Raymond savait de quoi il parlait. L’auteur a lui-même vécu les deux cotés de la crise. Pour  celui-ci, la crise, qu’elle soit suicidaire ou autre, est inévitable. Mieux, elle aide à grandir. «Il ne faut pas avoir peur de passer par des crises. Une crise est un passage obligé pour bien des étapes. Cela nous permet de changer et souvent de revenir à ce que l’on est vraiment. Les crises sont essentielles il ne faut pas les éviter, il faut juste apprendre à bien les vivre,» explique-t-il.
 
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L'équipe de journal à l'oeuvre pour une nouvelle édition avec des super reportages.
Son parcours hors du commun n’a pas toujours été doré. Les drames liés au suicide, font partie intégrante de son passé. Ses propres parents, - sa mère d’abord, son père ensuite,-  sont tous deux passés à l’acte. « Un de mes amis s’est aussi suicidé avec mon avion. Cet ami était le dixième que je perdais en cinq ans dans l’aviation. À chaque six mois, il y avait quelqu’un qui décédait par accident. Quand le dernier s’est suicidé, c’était trop pour moi.»  Désemparé et devenu un « zombie », l’homme qui faisait également face à un divorce, a flanché. À deux reprises, il a ainsi tenté de se suicider.
  
Travailler sur soi
 
Suite à ses tentatives, Raymond s’est mis à travailler sur lui. « J’ai fait une première thérapie pour sortir de la crise suicidaire. Ensuite j’en ai fait une autre pour désamorcer les événements qui me mettaient en crise.» Ce processus de guérison a porté fruit. Raymond en est ressorti grandi et surtout il a développé une hypersensibilité. «Je réalisais qu’il y avait plein de petites beautés qui m’entouraient. J’étais capable de regarder le gazon pousser, de m’émerveiller devant l’image d’une goutte d’eau sur une fleur,» se souvient-il. 
                                                                                                      
raymond vigerDans son livre L’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire, il prend son vécu en exemple. « Ça permet au gens de voir ce qu’un survivant du suicide a à dire sur le sujet. Ça permet de dédramatiser et démystifier les événements.» Le livre est non seulement accessible à tous par la simplicité de la langue et par son prix (4,95$), mais il cible aussi un grand éventail de gens. « Si tu as un proche qui veut se suicider, tu vas trouver des pistes. Si toi-même tu es suicidaire, le livre t’aidera aussi. »
 
En plus d’expliquer clairement diverses étapes de la crise suicidaire, le livre contient une foule de références utiles. Une chose est claire, il s’agit là d’un ouvrage qui dans aucun cas n’est moralisateur. « Jamais je ne me montre comme un spécialiste. Je me décris plutôt comme quelqu’un qui a passé dans des chemins des plus difficiles. Je voudrais éviter à des gens de faire comme moi.  C’est comme si je disais: "Faites ce que vous voulez, mais moi je vous montre mes erreurs."
 
bouttiqueL’aspect  « intervention » retrouvée dans son livre décrit bien le quotidien de l’auteur. En effet, jour après jour, Raymond s’implique socialement avec une remarquable ardeur. Il le fait via le Journal de la Rue, un groupe communautaire fondé en 1992. L’organisme abrite le Café-Graffiti, espace vouée aux jeunes marginalisés, et publie Reflet de Société, un magazine de sensibilisation sur divers phénomènes sociaux.                                                                   
 
Redécouvrir l’écriture

Raymond Viger a aussi publié de la fiction et de la poésie, dont L’Amour en 3 dimensions et Après la pluie…le beau temps. Toutes ses réalisations, font parties des contrecoups positifs des thérapies suivies par l’homme. Il a renoué avec une vieille passion qui allait devenir un point important dans sa vie : l’écriture. « C’est à 33 ans, après mes deux thérapies, que j’ai redécouvert mon goût pour l’écriture. Il avait toujours été là, mais les épreuves que j’ai vécues avaient fait en sorte de l’étouffer. Ces événements avaient arrêté ma capacité de toucher mon jardin intérieur.»
 
raymond vigerDe fil en aiguille, l’écriture est devenue pour lui une forme de thérapie. « J’écrivais pour moi, pour les bienfaits que cela me donnait pour apprendre à mieux me connaître. Des gens venaient à moi et me demandaient des photocopies de certains de mes textes. » Las de faire des photocopies, il a fondé sa maison d’édition, TNT. Mais puisque que l’écriture est pour Raymond un besoin quotidien, il n’est pas surprenant d’apprendre qu’il s’exprime également sur un blogue, que l’on peut lire sur le site web du Journal de la Rue ( www.journaldelarue.com) « Dès qu’il se passe quelque chose, de politique ou de communautaire qui ne fait pas mon affaire, au lieu de m’étouffer avec ça et de crier que la société est injuste, j’écris sur mon blogue ou je fais un édito ou un billet d’humeur dans le journal. L’écriture est devenue un exutoire pour exprimer ma frustration face à l’injustice. Ça me permet de pouvoir me coucher le soir et de dormir tranquille. Je n’accumule rien. Je me remets émotionnellement debout à tous les jours grâce à cela. »
 
Aujourd’hui, sa philosophie de vie est simple. Aussi anodin que cela puisse paraître, être honnête envers soi-même et avec son environnement, demeure pour Raymond la clé centrale d’une croissance personnelle. « Je crois qu’il faut prendre le risque de dire ce que l’on vit et ce que l’on ressent. Parfois ce n’est pas toujours facile, mais quand on est honnête avec soi-même, ça ne peut qu’apporter des choses positives. »  
 
Webédition : Samuel Tremblay-Lemieux
(NDLR : C'est sa fête le 26 octobre)

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Entrevue avec l'équipe de [LeBlog2Roubaix.Com]




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